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Par le truchement du vice-ministre de la justice Samuel Mbemba depuis la Haye : La RDC dénonce la lenteur de la CPI face aux crimes dans l’Est du pays
Vice-ministre de la Justice et en charge du Contentieux international, Me Samuel Mbemba, se dit exaspéré face à la lenteur des procédures de la Cour Pénale Internationale (CPI) lors d’une réunion ce mercredi à La Haye.
Cette position du Gouvernement congolais, Samuel Mbemba l’a vivement exprimée lors d’une réunion à laquelle il a participé le mercredi 9 octobre.
S’adressant au procureur adjoint de la CPI et aux membres du bureau de la Cour, Me Mbemba a transmis un message de protestation, au nom du peuple congolais, dénonçant l’inaction de l’institution judiciaire internationale face à l’ampleur des crimes perpétrés dans l’Est du pays.
«Nous leur avons délivré le message du peuple congolais à travers son gouvernement, mis en place par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. C’est un message d’incompréhension et de colère qui a été transmis à la Cour», a déclaré Me Mbemba dans une déclaration parvenue à Forum des As.
Aux dires du Vice-ministre à la Justice et en charge du contentieux international « les crimes commis dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri sont d’une gravité telle qu’ils relèvent clairement de la compétence de la CPI« .
Ravagée par des violences persistantes dans l’Est du pays, la RDC accuse, depuis des années, divers groupes armés de commettre des atrocités à grande échelle: meurtres, viols, enrôlement d’enfants soldats, et pillages des ressources naturelles.
En mai 2023, le gouvernement congolais avait, une nouvelle fois, sollicité la CPI pour l’ouverture d’une enquête sur les crimes commis depuis le début de l’année 2022. Cette requête faisait suite à une première saisine en mars 2004, qui avait conduit à l’ouverture d’une enquête en juin de la même année.
Cependant, la lenteur des réponses de la CPI suscite une vive indignation en RDC. Me Mbemba a souligné que, malgré deux renvois de situation effectués par le gouvernement congolais, la CPI semble rester muette, accentuant le sentiment d’abandon ressenti par les populations affectées par les violences.
«S’il y a un endroit dans ce monde où l’on peut trouver des crimes qui relèvent de la compétence de la CPI, cet endroit par excellence, c’est la RDC», a martelé le vice-ministre, déplorant ce qu’il considère comme un silence coupable de la Cour.
Une campagne nationale pour
la justice
Face à ce blocage, le Vice-ministre Samuel Mbemba avait déjà pris l’initiative, en août dernier, de lancer une campagne nationale intitulée «CPI, justice pour la RDC».
Cette initiative visait à mobiliser l’ensemble du peuple congolais afin de faire pression sur les autorités internationales pour obtenir des résultats tangibles dans la poursuite des responsables des crimes commis dans l’Est du pays. Cette campagne avait été particulièrement bien reçue par la population, fatiguée des promesses non tenues.
Cette réunion à La Haye, bien que tendue, a permis à la RDC de réitérer ses attentes envers la CPI. En parallèle, la RDC continue également ses démarches auprès de la Cour de justice de la Communauté des États de l’Afrique de l’Est (EAC), avec une plainte déposée, en août 2024, contre le Rwanda pour des actes d’agression sur le territoire congolais.
Me Mbemba a également profité de cette séance de travail pour appeler à l’unité nationale et au soutien du peuple congolais. Il a encouragé les citoyens à rester mobilisés et à maintenir la pression sur les institutions internationales, affirmant que la quête de justice pour les victimes des violences dans l’Est du pays ne faiblirait pas.
Christian-Timothée MAMPUYA