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Ina : l'implication de l'État sollicitée pour arrêter la spoliation d'un immeuble public
L'implication des plus hautes autorités de l'État a été sollicitée par le directeur général de l'Institut national des arts (Ina) et de son école d'application (Inas), afin de mettre un terme aux tentatives de spoliation visant l'immeuble public qu'occupent ces deux établissements à Kinshasa. L'appel a été lancé lors d'une conférence de presse organisée hier mardi 16 juin.
" Le bâtiment qui abrite l'Ina, établissement d'enseignement supérieur, ainsi que l'Inas, son école d'application, est la cible de multiples tentatives de spoliation par des personnes non identifiées. Nous sollicitons l'implication de l'État congolais, seul habilité à protéger les plus faibles et à rétablir chacun dans ses droits ", a déclaré le directeur général de l'Ina et de l'Inas, Félicien Tshimungu Kandolo.
Il estime que le bâtiment concerné constitue un patrimoine public affecté à la formation des jeunes artistes des cycles supérieur et secondaire.
" Ce bâtiment constitue un patrimoine de l'État congolais et est affecté à la formation des jeunes artistes des cycles supérieur et secondaire ", a-t-il affirmé.
Affecté à l'INA depuis 1988, cet immeuble dispose de documents administratifs établissant clairement la propriété de l'État ainsi que son affectation à l'Institut national des arts et à son école d'application à en croire ses explications.
Le directeur général a indiqué que les tentatives répétées de spoliation perturbent le fonctionnement normal de l'établissement.
" NE TOUCHEZ PAS A NOTRE AVENIR "
" Ces tentatives de spoliation créent des difficultés pour assurer la sérénité des activités d'enseignement. Elles impactent aussi les inscriptions des nouveaux élèves ", a-t-il souligné.
Face à cette situation, il a plaidé pour une intervention ferme des pouvoirs publics afin de préserver le patrimoine immobilier de l'État.
" Nous voulons que l'État prenne les choses en main parce que nous sommes fatigués de voir plusieurs bâtiments de l'État être spoliés au vu et au su de tout le monde. Il faut que l'État prenne le taureau par les cornes, sinon tout ce qui est bâti en ville va être spolié et l'État n'aura plus rien. Il faut démanteler tous ces réseaux pour protéger le patrimoine de l'État ", a insisté Tshimungu Kandolo.
Il a, par ailleurs, révélé avoir adressé plusieurs correspondances à l'administration générale de l'Agence nationale de renseignements (ANR), dont la plus récente remonte à deux semaines.
Il a également confirmé avoir saisi la justice contre des personnes non identifiées accusées de diffuser sur les réseaux sociaux des messages visant à perturber le déroulement des enseignements.
Dans la même dynamique, la préfète des études et cheffe d'établissement de l'Inas, Nadège Mitshindu Bope, a entrepris des démarches auprès de la ministre d'État en charge de l'Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu, afin d'obtenir l'accompagnement des autorités compétentes.
Les élèves ont également exprimé leur mécontentement face à cette situation, brandissant des pancartes portant notamment les messages : "Ne touchez pas à notre avenir et cet immeuble n'est pas à vendre ".
UN PLAIDOYER POUR LES BOURSES EXCELLENTIA
Profitant de cette rencontre avec la presse, le directeur général de l'Ina et de l'Inas a lancé un plaidoyer en faveur des apprenants de l'Inas auprès de la Première dame Denise Nyakeru Tshisekedi.
" Je plaide auprès de Maman Denise pour qu'une attention particulière soit portée à ces enfants, afin qu'ils bénéficient de bourses d'études "Excellentia". Cela nous permettra d'avoir de jeunes docteurs qui deviendront professeurs et de dupliquer cette école sur toute l'étendue de la RDC, pour contribuer au rayonnement de la culture à travers les arts ", a déclaré Félicien Tshimungu Kandolo.
Il considère que l'octroi de ces bourses permettrait aux élèves de poursuivre leur parcours académique dans les meilleures conditions et de renforcer à terme les capacités du secteur culturel congolais.
TMB