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Révision constitutionnelle : entre mise en garde des Eglises et bras de fer politique, le débat s'enflamme
Après la prise de position de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (Cenco) sur son opposition à une éventuelle révision constitutionnelle, les réactions se multiplient aussi bien dans l'opposition que dans la majorité au pouvoir.
Du côté de l'opposition, l'homme politique Martin Fayulu a réagi dans une nouvelle déclaration au ton ferme, ravivant le débat sensible autour d'un éventuel changement de la Constitution en République démocratique du Congo.
S'appuyant sur les conclusions des principales confessions religieuses du pays, il rappelle que la Cenco, aux côtés de l'Église du Christ au Congo (ECC), s'est clairement prononcée contre toute initiative de révision constitutionnelle dans le contexte actuel.
Selon lui, la Cenco estime qu' "il n'existe ni nécessité, ni urgence, ni opportunité de changer la Constitution", tandis que l'ECC insiste sur le respect strict de la Loi fondamentale comme condition essentielle à la stabilité nationale.
Sur cette base, Martin Fayulu appelle le pouvoir en place ainsi que ses soutiens à la retenue, exhortant le président Félix Tshisekedi à "écouter la voix de la raison".
Dans une formule à portée philosophique, il avertit que "personne n'a jamais vaincu son propre peuple", estimant que l'histoire montre que la volonté populaire finit toujours par s'imposer face aux décisions politiques contestées.
KABUYA RIPOSTE
Du côté de la majorité présidentielle, la riposte ne s'est pas fait attendre. Augustin Kabuya a vivement réagi lors d'un échange avec la presse et des militants de son parti. Il a remis en cause la légitimité de certaines prises de parole dans le débat public, visant notamment le secrétaire général de la Cenco, Monseigneur Donatien Nshole.
"Il n'a aucun mandat pour parler au nom de qui que ce soit. Il n'est même pas marié pour dire qu'il parle au nom de sa famille, de sa femme ou de ses enfants" a-t-il dit.
Dans la même dynamique, Peter Kazadi, ancien vice-Premier ministre de l'Intérieur et cadre de l'UDPS, a estimé que les prises de position des autorités religieuses ne sauraient être considérées comme une "vérité absolue" ou une "parole d'Évangile", rappelant qu'elles relèvent du débat démocratique.
Ainsi, alors que l'opposition et les Églises insistent sur le maintien de la Constitution actuelle, la majorité au pouvoir continue de défendre l'idée d'une réforme éventuelle, envisagée par la voie référendaire, afin de l'adapter, selon elle, aux réalités et aux besoins du pays. Pour Augustin Kabuya, qu'on le veuille ou non, la Constitution sera révisée.
César IPOKA
NEWS.CD @Newscd15 Martin Fayulu : Hier, la #CENCO a estimé qu'il n'existe ni nécessité, ni urgence, ni l'opportunité de changer la Constitution. De son côté, l'#ECC a souligné, le 7 juin, que le respect strict de la Constitution actuelle est indispensable. Ainsi, les deux principales Eglises du pays se sont prononcées contre un changement de la Constitution. Nous demandons donc à M. Tshisekedi et à ses partisans d'écouter la voix de la raison. Personne n'a jamais vaincu son propre peuple. Les événements historiques, anciens comme récents, en témoignent éloquemment.