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Nord-Kivu : marchés, écoles, bureaux… paralysés hier à l’occasion de la journée « Stop Ebola »
À travers cette commémoration, les autorités ont tenu à sensibiliser l’opinion face à cette pathologie qui a décimé plus de 1.200 patients.
La province du Nord-Kivu a observé hier lundi une journée spéciale dénommée « Stop Ebola », décrétée par les autorités provinciales pour renforcer la mobilisation communautaire contre l’épidémie de maladie à virus Ebola. Cette mesure a entraîné la suspension de nombreuses activités professionnelles, commerciales et scolaires, ainsi que d’autres activités non essentielles sur l’ensemble de la province. À Beni, plusieurs commerces sont restés fermés et la circulation des taxis a fortement diminué.
Selon les données communiquées par les autorités provinciales, le Nord-Kivu avait enregistré, au 15 octobre 2026, un cumul de 2.055 cas d’Ebola, dont 1 231 décès, 244 guérisons, 46 sorties sans avis médical et 534 cas actifs. Ces chiffres témoignent de l’ampleur de la crise sanitaire et de la nécessité de renforcer les mesures de prévention et de prise en charge des personnes touchées.
La décision de consacrer le 19 octobre à la lutte contre Ebola fait suite à une concertation organisée le 9 octobre entre les autorités provinciales, les représentants de la société civile et les forces vives du Nord-Kivu. Par cette initiative, les autorités souhaitent sensibiliser davantage la population aux dangers de la maladie et rappeler l’importance du respect des mesures barrières. Le gouvernement provincial a notamment déploré le décès de trois élèves dans une école de la ville de Beni.
Parallèlement à cette journée de mobilisation, les autorités ont annoncé le renforcement des capacités de prise en charge des malades. Des démarches doivent être accélérées pour la construction de centres de transit supplémentaires.
Un centre de traitement d’Ebola est également annoncé à Mutwanga, dans le territoire de Beni, avec l’appui de partenaires ougandais. La campagne de vaccination contre la maladie a, par ailleurs, été lancée à Beni le 16 octobre 2026.
Les Ituriens non grata
D’autres restrictions ont également été annoncées pour limiter la propagation du virus. L’entrée au Nord-Kivu des personnes en provenance de la province de l’Ituri est interdite pour une durée d’une semaine.
Les autorités ont aussi insisté sur le respect des mesures barrières pendant les cultes religieux et sur l’organisation d’enterrements dignes et sécurisés, avec un maximum de vingt membres de la famille présents. Le transport simultané de personnes vivantes et de corps sans vie dans un même véhicule est également interdit.
Face à cette situation, la responsabilité de la population demeure essentielle. Le respect des consignes sanitaires, la vigilance devant les signes suspects et le recours rapide aux services de santé sont importants pour limiter les risques de transmission.
Les autorités provinciales encouragent également un meilleur suivi des fonds mobilisés auprès des partenaires pour la riposte, avec la mise en place envisagée d’une commission d’audit. Au-delà de la suspension temporaire des activités, l’enjeu reste de freiner la propagation d’Ebola et de protéger les communautés du Nord-Kivu.
Pascal NDUYIRI, à Beni