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MSF sonne: " Le fossé entre les signaux politiques et la réalité vécue par des millions de personnes se creuse"
Le président international de Médecins sans frontières (MSF), Javid Abdelmoneim, a présenté, le vendredi 12 décembre, devant le Conseil de sécurité des Nations unies à New York, la situation sécuritaire et humanitaire dans l'Est de la République démocratique du Congo marquée par la poursuite des offensives de la rébellion de l' AFC/M23 appuyée par son parrain, le Rwanda. Selon lui, la réalité politique contraste avec le vécu quotidien des populations sur le terrain: violences, viols et tueries font bon ménage dans la poudrière du grand Kivu.
"En réalité, l'encre de l'accord signé à Washington est à peine sèche que le M23 a déjà lancé une offensive massive sur Uvira, poussant environ 200 000 personnes à fuir leurs foyers, dont 40 000 vers le Burundi, une preuve éclatante que la promesse de paix masque un paysage de violence persistante et de grandes ampleurs", a fustigé Javid Abdelmoneim.
Des niveaux inquiétants de violences et de déplacements constatés dans les provinces du Kivu et de l'Ituri.
" Malgré l'apparence d'une dynamique politique ces derniers mois, et malgré la signature d'accords de paix, les équipes de MSF continuent de constater des niveaux effarants de violence, de déplacements de populations et de privations dans les Kivu et l'Ituri. Nos patients décrivent la fuite de villages bombardés et une brutalité extrême ", a indiqué le président international de MSF.
" LES SYSTEMES DE SANTE S'EFFONDRENT "
" Depuis la perspective de MSF dans les hôpitaux, les cliniques et les sites de déplacement, l'image est sans équivoque : cette crise ne s'atténue pas. Les systèmes de santé s'effondrent. Les violences sexuelles sont généralisées. Et l'accès humanitaire ainsi que les financements se réduisent alors que les besoins augmentent".
Cette rencontre intervient dans un contexte où Uvira, considérée comme ville stratégique dans le dispositif sécuritaire de Kinshasa dans la province du Sud-Kivu, est désormais passée sous le contrôle de l'AFC/M23, renforçant davantage son influence et sa mainmise dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
La détérioration de la situation sécuritaire dans l'Est de la RDC a coïncidé avec l'entérinement des accords de Washington par Kinshasa et Kigali sous les auspices des États-Unis d'Amérique.
Après l'occupation de Bukavu en février 2025, Kinshasa avait désigné la ville d'Uvira comme siège provisoire des institutions dans les zones encore sous contrôle gouvernemental dans la province du Sud-Kivu. L'AFC/M23, soutenu par le Rwanda inflige, selon le chef de la diplomatie burundaise, une "gifle" à Washington, seulement quelques jours après la signature des accords censés ramener la paix dans la région des Grands Lacs.
Gloire BATOMENE