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Mondial 2026 : les Léopards risquent de jouer sans leurs supporters suite à l'épidémie d'Ebola
À quelques semaines du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, l’enthousiasme suscité par la qualification historique de la RD-Congo se heurte à une réalité sanitaire et diplomatique inattendue. L’ombre de l’épidémie d’Ebola Bundibugyo, qui sévit dans l’est du pays, plane désormais sur la participation populaire à cette grande fête du football mondial. Si les Léopards sont autorisés à défendre les couleurs nationales, leurs supporters, eux, risquent de rester à quai.
La décision des autorités américaines d’interdire l’entrée sur leur territoire à tout voyageur ayant récemment séjourné en RDC a profondément bouleversé les plans. Officiellement motivée par la volonté de prévenir toute propagation du virus Ebola, cette mesure sanitaire, appliquée avec rigueur, ne prévoit pas d’exception pour les supporters, les groupes d’animation, les journalistes ou toute autre délégation ayant transité par Kinshasa ou d’autres zones du pays.
Les joueurs et staff technique autorisés
Dans ce contexte, une distinction nette est opérée. Les joueurs et le staff technique, qui ont établi leur préparation en Europe, échappent à ces restrictions grâce à leur éloignement géographique récent avec les zones concernées. Mais pour les autres composantes de la mobilisation nationale notamment les supporters, figures emblématiques de l’ambiance autour de l’équipe la porte américaine semble pour l’instant fermée.
Cette situation crée un paradoxe : une équipe nationale engagée dans une compétition mondiale sans l’énergie de son public venu du pays. À Houston et Atlanta, où les Léopards disputeront respectivement leur premier et troisième match, les tribunes pourraient sonner creux du côté congolais. Seuls les membres de la diaspora ou les supporters déjà présents sur le sol américain pourraient faire entendre leur voix.
Le rassemblement prévu à Kinshasa annulé
À Kinshasa, l’impact est également visible sur la préparation. Le rassemblement initialement prévu dans la capitale a été annulé pour des raisons sanitaires. Exit la conférence de presse du sélectionneur Sébastien Desabre, la cérémonie de décoration des joueurs, la remise symbolique de l’étendard national par le chef de l’État ou encore l’entraînement ouvert au public. Autant de moments de communion entre l’équipe et la nation qui n’auront pas lieu.
Le programme a été réaménagé en conséquence. Les Léopards se regrouperont directement en Belgique, loin des contraintes sanitaires locales, avant d’enchaîner deux matchs amicaux de haut niveau : le 3 juin à Liège contre le Danemark, puis le 9 juin à Marbella face au Chili. Une préparation internationale qui contraste avec l’absence d’ancrage populaire au pays.
Le gouvernement congolais en discussion avec les États-Unis
Sur le plan diplomatique, le gouvernement congolais tente de désamorcer la crise. Le porte-parole Patrick Muyaya insiste sur la nécessité d’un dialogue avec Washington afin de corriger ce qu’il considère comme une perception exagérée de la situation sanitaire.
«Nous sommes en discussion avec les autorités américaines pour nous assurer que toutes les informations soient partagées», a-t-il affirmé lors d’un briefing presse, soulignant que le virus reste localisé et que des efforts importants sont en cours pour le contenir.
Le ministre de la Santé, Roger Kamba, adopte une approche plus technique, rappelant que le Règlement sanitaire international ne préconise pas la fermeture des frontières en cas d’épidémie. Selon lui, la gestion du risque doit privilégier les mesures de contrôle et de surveillance plutôt que les restrictions généralisées de déplacement.
Malgré ces arguments, les États-Unis maintiennent leur ligne. Toute personne ayant séjourné en RDC, en Ouganda ou au Soudan du Sud au cours des 21 derniers jours est soumise à une interdiction d’entrée ou à des protocoles sanitaires stricts. Une position souveraine qui, à trois semaines du Mondial, réduit considérablement les chances de voir une mobilisation populaire venue directement du pays.
Pourtant, du côté des instances sportives, tout est mis en œuvre pour accompagner la participation congolaise. La Fifa, en collaboration avec la Fecofa, a ouvert un accès spécifique aux supporters congolais sur sa plateforme de billetterie, avec notamment 5 000 places réservées pour le match d’ouverture contre le Portugal, le 17 juin à Houston. Une initiative qui pourrait bénéficier principalement à la diaspora, en l’absence des supporters résidant en RDC.
Ézéchiel Monteirious MONTEIRO