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MAUVAISE GOUVERNANCE, INGÉRENCES POLITICIENNES... Des canards boiteux infestent les entreprises publiques en RDC
Le récent rapport de la Banque mondiale sur les entreprises du portefeuille de l'État vient une fois de plus mettre à nu le mal qui ronge, depuis des lustres, les entreprises publiques congolaises. L'on pourrait dire, au vu de ce constat amer, qu'il n'y a rien de neuf sous le soleil, car le mal ne date pas d'aujourd'hui. Il y a des années, un Premier Commissaire d'État (Premier ministre) n'avait pas porté les gants pour décrier la gouvernance des entreprises du portefeuille de l'État. Il les avait qualifiées de canards boiteux. Cependant, et c'était la cause de son indignation, au moment où ces sociétés étaient menacées de faillite, leurs dirigeants roulaient carrosse, à bord des cylindrés dernier cri.
Plusieurs années après, la situation ne fait qu'empirer. De nombreuses causes justifient cette situation déplorable. Il y a, en tête, la mauvaise gouvernance due à l'incompétence des dirigeants placés au sommet de ces structures qui, bien gérées, auraient dû servir de levier de l'économie congolaise.
L'incompétence dont font preuve ces personnes à la tête des sociétés étatiques est due au manque d'objectivité dans leur choix. C'est ici qu'il faut stigmatiser le népotisme et surtout le clientélisme politique.
Nous nous souviendrons qu'à l'époque du tristement célèbre schéma 1+4, les politiciens s'étaient arrogé les prérogatives de se partager les entreprises au mépris de toute règle de gestion.
Bombardés à la tête des entreprises, ces dirigeants devaient, en tout premier lieu, rendre compte à leurs mentors et non à l'État propriétaire.
EFFECTIFS PLÉTHORIQUES ET CONSEILS D'ADMINISTRATION INEFFICACES
L'autre mal qui ronge profondément les entreprises publiques concerne la pléthore des effectifs. Les recrutements sont opérés sur base des relations familiales, même si les besoins en personnel ne se font pas sentir. En conséquence, il s'ensuit un chômage déguisé et les charges sociales sont de loin plus élevées que celles d'investissements.
En plus, les conseils d'administration ne jouent plus leur rôle premier d'orientation. Ils sont devenus des organes de gestion parallèles où les administrateurs et les agents sont rémunérés mensuellement. Tous ces désordres ont des fâcheuses répercussions sur le fonctionnement de ces structures. Pour la desserte en électricité, l'entreprise publique habilitée a du mal à réhabiliter son réseau, vieux de plusieurs années, malgré les recettes récoltées auprès de millions d'abonnés.
Dans le passé, nous n'avons pas connu ce que nous appelons aujourd'hui délestage. À cela, s'ajoutent les interruptions intempestives de l'énergie électrique avec des conséquences incommensurables sur les appareils électroménagers des abonnés.
Dans la fourniture d'eau, le spectacle est pratiquement le même. Il est pratiquement impossible d'être desservi en eau potable de manière ininterrompue. Partout, l'on constate des fuites d'eau dans les tuyaux sans intervention urgente pour remédier à la situation.
Mais aussi curieux que cela puisse paraître, ces deux entreprises sont toujours prêtes à déposer leurs factures auprès de leurs clients en dépit de la mauvaise qualité des services qu'elles leur rendent.
Pour sauver son portefeuille, l'État propriétaire doit mettre fin à son "infanticide" et prendre des mesures idoines pour les faire sortir de leur état comateux. À défaut, dans quelques années ces entreprises vont mettre la clé sous paillasson et l'économie congolaise ne s'en sortira pratiquement pas.
Muke MUKE