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Lubumbashi : résurgence de l'insécurité à Zambia
*Entre vols de téléphones et agressions, le quotidien pénible des habitants.
À environ 10 kilomètres du centre-ville de Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga, l'insécurité figure parmi les principaux maux auxquels sont confrontés les usagers du marché Zambia, officiellement appelé Luwowoshi, principal centre de négoce des communes de la Ruashi et de l'Annexe. En ce lieu, tout le monde est pressé, craignant de se faire agresser par les ados.
Le climat est préoccupant aux abords du marché Zambia. Des jeunes désœuvrés, en provenance de la commune de la Ruashi et d'autres quartiers de la commune Annexe, s'adonnent à l'extorsion, au vol, aux intimidations et aux agressions physiques. Les agissements de ces jeunes sèment la peur parmi les usagers et les acheteurs.
Selon les témoignages recueillis, ces jeunes désœuvrés, communément appelés vagabonds, extorquent les téléphones portables des passagers ainsi que de l'argent aux revendeurs. Chacune des personnes interrogées a déjà été victime de vol.
« Ici, si tu es habillé en veste ou en cravate, tu es déjà la cible de ces gens-là. Ils peuvent même ravir les vêtements et les chaussures », lâche une victime sous couvert d'anonymat.
En décembre 2025, un journaliste et un caméraman avaient été agressés et s'étaient vu arracher un téléphone par un groupe d'une vingtaine de délinquants en pleine journée, alors qu'ils partaient en reportage.
D'après nos sources, ces personnes changent de mode opératoire la nuit. Elles s'en prennent aux motocyclistes à l'aide de machettes.
Un motard confie :
« Ici, moi, on ne va pas me tracasser, car ils me connaissent déjà. Ces gens sont méchants. Ils peuvent agresser les passagers transportés à moto. Mais s'ils croisent un conducteur qu'ils connaissent, ils le laissent passer ».
20 h, la pire heure au quartier Luwowoshi
Luwowoshi, un quartier défavorisé de cette contrée, est le bastion de l'insécurité. À 20 h, les délinquants investissent les rues pour commettre des vols. Une veuve d'environ 70 ans, rencontrée sur la rue 11 près de Nsoko ya makala, relate une scène pour le moins saisissante. Alors qu'elle revenait de l'hôpital, son sachet contenant des médicaments et d'autres prescriptions médicales lui a été arraché.
« 20 h devient une mauvaise heure pour se promener ici, à Luwowoshi. Imaginez-vous que mon sachet de médicaments a été volé. Je suis restée sans traitement. Les petits nous font souffrir. Ils ravissent tout ce qu'ils trouvent sur leur passage ».
Un peu plus loin, Evelyne fait le ménage à son domicile. Elle témoigne avoir perdu son téléphone en cours de route lorsqu'elle a croisé un groupe de malfrats. Cette jeune fille déplore la montée de l'insécurité urbaine et l'absence d'intervention des services de sécurité.
INTERVENTION DE LA POLICE
Au début du mois de juillet, la police et la 22ème région militaire ont lancé des opérations de bouclage mixtes dans ce coin de la ville de Lubumbashi. Ces multiples coups de filet ont abouti à l'interpellation de 150 présumés criminels, dont des militants de partis politiques.
Les forces de sécurité ont indiqué que ces malfrats auraient mis en place un système parallèle de perception des taxes. Ils percevaient illégalement de l'argent auprès des chauffeurs de taxis-bus, des motocyclistes ainsi que des piétons.
Cependant, les habitants dénoncent l'arrestation d'innocents, tandis que leurs bourreaux circulent librement.
Face à la recrudescence de l'insécurité, les habitants du quartier Luwowoshi appellent les autorités à instaurer un système de sécurité efficace, à implanter des lampadaires autour du marché et à exiger des marchands pirates qu'ils libèrent les emprises publiques afin de fluidifier la circulation des véhicules et des personnes.
Patient Mubiayi MBY à Lubumbashi