Dernière minute
Société
Plus de 10 millions de morts. Tel est le bilan macabre établi par le système des Nations unies pour la guerre qui sévit dans l’Est de la République Démocratique du Congo depuis environ trois décennies. Un bilan en constante augmentation, d’autant que, chaque jour, au moins une âme tombe sur le…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Dans la province de l’Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo, la problématique du mariage précoce chez les jeunes filles demeure une préoccupation majeure pour les acteurs des…
Étranger
Rabat - Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, accompagné de Son Altesse Royale le Prince Héritier Moulay El Hassan, a présidé, samedi au Palais Royal à Rabat, un Conseil des ministres…
Nation
Écoles doctorales dès la rentrée 2026-2027, autofinancement des universités, réduction de 50 % des frais pour les étudiants vulnérables : la ministre de l'Enseignement supérieur et universitaire,…
Les élections ne pourront être organisées en 2028 sans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, martèle Fatshi
Le président Félix Tshisekedi, a affirmé, le mercredi 6 mai, lors d'une conférence de presse organisée à Kinshasa, que les élections générales prévues en 2028 ne pourront être organisées que si la guerre dans l'Est de la RDC prend fin. Face à la presse, le chef de l'État a toutefois assuré que les moyens financiers existent déjà pour tenir ces scrutins dans le respect du calendrier constitutionnel fixé par la Ceni.
"Cette guerre, nous voulons la terminer le plus rapidement possible. Si on ne peut pas terminer la guerre, malheureusement on ne pourra pas organiser les élections en 2028", a déclaré Félix Tshisekedi, en insistant sur l'impossibilité d'organiser un scrutin sans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, en proie à l'insécurité et dont des pans de territoires sont occupés par les rebelles de l'AFC/M23.
Le président Félix Tshisekedi a rejeté toute interprétation visant à lui prêter une volonté de se maintenir au pouvoir au-delà de son mandat constitutionnel. Selon lui, l'enjeu principal demeure la restauration de la paix sur l'ensemble du territoire national.
"Ce ne sera pas parce que j'ai refusé de les organiser, parce que les ressources sont là, on peut le faire. On ne peut pas les organiser sans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu", a-t-il martelé.
Pour illustrer sa position, Félix Tshisekedi a évoqué le cas de l'Ukraine, où les élections ont été reportées en raison du conflit armé avec la Russie.
"TANT QUE CETTE GUERRE CONTINUERA, POUR MOI LE COMBAT CONTINUE"
"Regardez en Ukraine, ça fait deux ans qu'il y aurait dû avoir des élections, mais le monde entier a compris que Monsieur Zelensky ne pouvait pas les organiser. Comment il va les organiser en ayant un couteau sur la gorge ?", s'est-il défendu.
Sans détour, le chef de l'État a assuré que son ambition n'est pas de s'accrocher au pouvoir, mais de poursuivre son engagement au service du pays jusqu'à la fin de son mandat.
"Tant que cette guerre continuera, pour moi le combat continue", a conclu Félix Tshisekedi.
Du côté de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), le discours reste officiellement orienté vers le respect des échéances constitutionnelles. Fin avril, le deuxième vice-président de la Ceni, Didi Manara, avait réaffirmé, à Kinshasa, la volonté de l'institution d'organiser les élections dans les délais prévus, tout en appelant le gouvernement à remplir ses obligations.
"Nous pensons que la vision reste la même pour l'organisation de ces élections, bien que certains délais soient déjà largement dépassés", avait-il déclaré.
Dans un climat politique déjà marqué par les tensions sécuritaires et les débats houleux autour du processus électoral, les propos du chef de l'État risquent d'alimenter davantage les inquiétudes de l'opposition et des organisations de la société civile. Ces dernières pressent la Ceni de respecter sa feuille de route 2025-2029, tandis que plusieurs opposants attendent la tenue des élections de 2028, qui devraient marquer, selon la Constitution, la fin du second et dernier mandat de Félix Tshisekedi.
Jérémie ASOKO