Dernière minute
Société
Ata na lifelo toko samba kaka". Cette phrase en lingala se traduit littéralement par : " Même en enfer, nous allons quand même plaider [notre cause].
Dans un sens plus imagé, cela signifie qu'on ne compte pas se laisser faire ou se taire, peu importe la difficulté…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Avocats Sans Frontières (ASF) a lancé un projet d’assistance judiciaire à la prison centrale de Makala. Cette initiative permettra aux ONG locales travaillant avec AVS…
Étranger
L'Autriche a salué mercredi les efforts déployés par le Maroc en faveur du développement d'un nouveau modèle de coopération Sud-Sud, soulignant l'importance de promouvoir la coopération…
Nation
Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en RDC et chef de la Mission de l’organisation des Nations Unies pour la stabilisation du Congo (Monusco), James Swan, a passé en…
Le ministre provincial des ITP menace de démolir une bâtisse du Pr Dr Kitengie dans 72 h
Le ministre provincial des Infrastructures et des Travaux publics de Kinshasa, Alain Tshilungu, plonge le Professeur-Docteur Kitengie kia Kayembe, un octogénaire, dans un état psychique indescriptible. Dans sa correspondance datée du 27 août, Alain Shilungu lui adresse une mise en demeure l’enjoignant de libérer dans un délai de 72 heures, «l’espace public» qu’il occuperait «illicitement».
«Par la présente, je vous informe que la Ville de Kinshasa, à travers mon ministère, procédera le samedi 30/08/2025 à la démolition de tous les édifices concernés pour libérer le domaine public», menace le ministre provincial des ITP. Le 15 août, Alain Tshilungu avait écrit au Pr Kitengie kia Kayembe, proférant les mêmes menaces. Mais dans sa seconde missive, le ministre provincial des ITP dit mettre à exécution ses menaces dans 72 heures, le samedi 30 août 2025.
Emprise-servitude dument désaffectée
Seulement voilà. Le Professeur Kitengie kia Kayembe possède des documents officiels désaffectant l’espace public dont parle le ministre provincial des ITP. Il s’agit en fait de l’emprise-servitude sanitaire et de protection comprise entre les avenues Virunga et Général Ikuku, quartier Kemi, dans la commune de Lemba que l’arrêté ministériel n°CAB/MIN/TPI/604.4/15NB/2005 du 9 mai 2005 avait supprimée dans le domaine foncier public de l’Etat :
«Est désaffectée, sur toute son étendue d’une longueur de 227 m et d’une largeur variante entre 6 et 8 mètres, l’emprise comprise entre les avenues Virunga et Général Ikuku, quartier Kemi, dans la commune de Lemba, à Kinshasa», précise ledit arrêté ministériel signé par le ministre d’alors, José Makila Sumanda.
Mais ce n’est pas tout. Le document poursuit : «La servitude ainsi désaffectée est mise séparément et d’une manière concomitante à la disposition des propriétaires des parcelles de l’avenue Parc de Virunga et Général Ikuku, moyennant payement d’une taxe proportionnelle calculée sur base de la superficie de l’espace à occuper par chaque propriétaire, et à payer pour le compte du Trésor, dans le cadre des recettes accidentelles générées par le ministère des Travaux publics et Infrastructures».
Selon les riverains de l’avenue Virunga, cette servitude constituait une «zone d’insécurité, d’insalubrité, du banditisme et de délinquance sexuelle.» Il faut également souligner le fait que les services techniques compétents de la Commune de Lemba, de l’Urbanisme et Habitat et des Affaires foncières du Mont-Amba avaient marqué leur accord pour désaffecter cette servitude et ainsi mettre fin aux actes de banditisme et de vandalisme perpétrés le long de cette emprise-servitude.
Le respect de la loi
S’exprimant au sujet de la mise en demeure de démolir du ministre provincial des ITP, le Pr Remy Musungayi Bampale estime que c’est très grave ce que compte faire «le signataire de cette lettre. Il veut provoquer des troubles en ce moment très critique en voulant détruire la maison d’un grand professeur d’université, couverte par des titres de propriété. C’est impensable».
Selon toujours le Pr Musungayi, «c’est très grave, parce que la décision du ministre provincial n’émane même pas du gouvernement provincial, mais c’est sa propre volonté. Et que c’est très dangereux, parce que les étudiants seraient déjà en alerte. Une situation qui risque d'être explosive».
Le Pr Musungayi ne s’arrête pas là. Pour cet enseignant de bonnes manières, «la loi doit être respectée. Le ministre doit prouver que les documents que détient le Pr Kitengie kia Kayembe ne sont pas valables. Et donc qu’il commence d’abord par détruire ces documents et peut, par la suite, faire ce qu’il veut. Mais tant qu’il n’aura pas réussi à le faire, il doit laisser le propriétaire tranquille».
Pour le Pr Remy Musungayi Bampale, «le ministre provincial des ITP devrait normalement recourir au Conseil provincial des ministres, car c’est la décision du Conseil qui des ministres qui doit primer et pas la décision individuelle… »
Musungayi se demande si le ministre provincial des ITP serait en mesure de présenter le procès-verbal de la réunion où les ministres provinciaux ont eu à examiner le dossier du Pr Kitengie Kia Kayembe pour se permettre de lui adresser cette mise en demeure de démolir.
On espère que le ministre Alain Tshilungu va revenir à la raison et laisser cet enseignant arrivé au soir de sa vie après de bons et loyaux services au pays vivre dans la paix.
FDA