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Après le sit-in du 12 juin : l'opposition dresse un réquisitoire sévère contre le pouvoir
Trois jours après le sit-in organisé sur l'esplanade du Palais du Peuple, la Coalition Article 64 pour la Défense de l'Ordre Constitutionnel (C64) est sortie de son silence à travers un communiqué de presse signé notamment par Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga.
Dans ce document rendu public hier le 15 Juin, la plateforme de l'opposition félicite les Congolais qui ont répondu à son appel à manifester malgré ce qu'elle qualifie d'« intimidations, menaces et répression».
La coalition estime que cette mobilisation traduit l'attachement du peuple congolais à la défense de la Constitution et de l'État de droit.
La C64 dénonce une répression «brutale et disproportionnée»
Au cœur de son communiqué, la C64 accuse le régime du président Félix Tshisekedi d'avoir porté atteinte à la sécurité et à l'intégrité physique de plusieurs de ses dirigeants et militants lors de cette manifestation tout en condamnant avec fermeté les violences enregistrées au cours de cette journée, qu'elle attribue aux forces de l'ordre ainsi qu'à des groupes présentés comme proches du parti au pouvoir. Elle affirme que des manifestants pacifiques auraient été victimes d'arrestations arbitraires, d'intimidations et de violences contraires aux garanties prévues par la Constitution de la République.
La coalition déplore également les pertes en vies humaines enregistrées lors de ces événements et réclame que toute la lumière soit faite sur les circonstances ayant conduit à ces drames.
UN APPEL A UNE ENQUÊTE INTERNATIONALE INDÉPENDANTE
Face à la gravité des faits dénoncés, la C64 plaide pour l'ouverture d'une enquête internationale indépendante, impartiale et crédible.
Selon la plateforme, cette démarche devrait permettre d'identifier les auteurs, commanditaires et exécutants des violations présumées des droits humains, tout en garantissant aux victimes l'accès à la vérité, à la justice et à une éventuelle réparation.
Cette revendication intervient alors que plusieurs partenaires internationaux ont déjà exprimé leurs préoccupations au sujet des violences survenues lors de la manifestation du 12 juin.
LE SÉNAT MIS EN GARDE SUR LA QUESTION CONSTITUTIONNELLE
Au-delà des événements du sit-in, la coalition a également adressé un message direct au Sénat. La C64 met en garde la chambre haute contre toute initiative susceptible, selon elle, de contourner les limites fixées par la Constitution en matière de révision constitutionnelle.
Pour les leaders de l'opposition, les sénateurs ont la responsabilité historique de préserver l'ordre constitutionnel, les libertés fondamentales et la stabilité des institutions. Ils les invitent à faire preuve de vigilance face à toute démarche pouvant être interprétée comme une remise en cause des principes fondamentaux de la Constitution.
La C64 annonce par ailleurs la tenue, ce matin 16 juin, d'une importante réunion d'évaluation consacrée aux événements du 12 juin. Cette rencontre devrait permettre à la coalition de définir la suite de son calendrier d'actions citoyennes et politiques.
Réaffirmant sa détermination à poursuivre son combat, la plateforme appelle à une mobilisation continue de la population congolaise et de la diaspora pour la défense de l'ordre constitutionnel, de l'État de droit et de la souveraineté nationale.
Ce communiqué marque une nouvelle étape dans le bras de fer entre le pouvoir et l'opposition. Alors que le débat autour des réformes institutionnelles et de l'avenir de la Constitution continue d'alimenter la scène politique congolaise, les événements du 12 juin pourraient durablement influencer les rapports de force entre les différents acteurs politiques du pays.
La réunion annoncée par la C64 est désormais attendue comme un moment clé susceptible de définir les prochaines orientations de l'opposition dans un contexte politique de plus en plus tendu.
César IPOKA