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Désenclaver le Sankuru devient une priorité économique du Gouvernement
A Lodja, les autorités multiplient les consultations et les descentes de terrain pour lever les obstacles qui freinent la circulation des biens, la production locale et l'accès aux marchés. L'objectif affiché est clair: reconnecter le Sankuru aux grands circuits économiques nationaux et faire baisser le coût de la vie dans cette province longtemps pénalisée par son isolement.
Arrivé le dimanche 14 juin à Lodja dans le cadre d'une mission économique, le Vice-Premier ministre en charge de l'Économie nationale a placé la question du désenclavement au centre des préoccupations du Gouvernement. Cette mission vise à dresser un état des lieux des principaux goulots d'étranglement qui paralysent l'activité économique dans la province du Sankuru afin d'identifier des solutions adaptées aux réalités locales.
Dès son arrivée, le membre du Gouvernement a engagé une série de consultations avec les autorités territoriales avant d'effectuer plusieurs visites de terrain destinées à évaluer les infrastructures stratégiques de la région et les contraintes qui pèsent sur le développement économique.
EXISTENCE D'UN IMPORTANT PARC D'ÉQUIPEMENTS
L'une des premières étapes de cette tournée a conduit la délégation à l'Office des routes de Lodja. Sur place, les échanges avec les responsables provinciaux ont permis de constater l'existence d'un important parc d'équipements, comprenant notamment des camions-bennes, des excavatrices et des compacteurs, dont une partie demeure encore sous-utilisée malgré les besoins criants en matière d'entretien routier.
La mission s'est ensuite poursuivie au pont Lokenye, considéré comme l'un des principaux corridors d'approvisionnement de la ville de Lodja. Cet ouvrage constitue un maillon essentiel pour le transport des marchandises en provenance de Kinshasa via le port de Bena-Dibele, dans le territoire de Kole, et assure également une ouverture vers la province de la Tshopo.
Le poste d'accostage d'Okoto, sur la rivière Lokenye, a également retenu l'attention de la délégation gouvernementale. Cette voie fluviale, navigable jusqu'à Kinshasa, joue un rôle déterminant dans les échanges commerciaux grâce aux embarcations de grande capacité qui ravitaillent régulièrement la ville. Toutefois, son potentiel reste fortement limité par l'absence de balisage adéquat, freinant ainsi une exploitation optimale de cet axe de transport.
L'ENCLAVEMENT PRINCIPAL FREIN DU DÉVELOPPEMENT DU SANKURU
Au cours de cette tournée, plusieurs autres infrastructures ont été inspectées par le VPM Mukoko Samba, notamment les sites d'érosion menaçant la Route nationale numéro 7 ainsi que la mini-centrale solaire appelée à renforcer l'approvisionnement énergétique du territoire de Lodja.
Pour le Gouvernement, l'enclavement demeure le principal frein au développement économique du Sankuru. Les écarts de prix observés entre Kinshasa et Lodja illustrent l'ampleur du problème. Certains produits de consommation courante y coûtent jusqu'à trois fois plus cher qu'à Kinshasa, tandis que le prix des matériaux de construction atteint des niveaux particulièrement élevés. Une situation qui, selon les autorités, traduit directement les difficultés d'accès et l'insuffisance d'infrastructures de transport.
Face à cette situation, des mesures urgentes devraient être prises afin de préserver la continuité de la RN7, axe vital pour l'approvisionnement de la province. Une interruption du trafic sur cette route entraînerait inévitablement une nouvelle flambée des prix sur les marchés locaux, aggravant davantage le coût de la vie pour les populations.
Au-delà des infrastructures, la démarche engagée à Lodja s'inscrit dans une volonté plus large de bâtir un diagnostic économique approfondi du Sankuru. Les consultations avec la société civile, les opérateurs économiques regroupés au sein de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) ainsi que les autorités locales doivent permettre d'identifier les interventions prioritaires susceptibles de soutenir durablement la croissance et l'attractivité de la province. À travers cette mission, le Gouvernement affiche son ambition de transformer l'accessibilité du Sankuru en levier de développement. Car derrière les routes, les ponts et les voies fluviales se joue un enjeu plus vaste: celui de l'intégration économique d'une province dont le potentiel demeure largement inexploité en raison de son isolement géographique.
Jérémie ASOKO