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L’Association des aveugles pour le développement dénonce la marginalisation des PVH
L’ONG « l’Association des aveugles pour le développement » a déploré, dernièrement, la non-prise en charge voire la marginalisation sociale des Personnes vivant avec handicap (PVH) de la catégorie visuelle. Le mauvais traitement que dénonce cette catégorie des personnes membres et non membres de ladite association les contraignent à vivre de la mendicité en raison de leur handicap.
« Ne pas voir est une grande difficulté pour nous les personnes malvoyantes« , s’est alarmé un membre de ce corps associatif à « Forum des As ». « Nous avons beaucoup de défis à relever comme tout le monde. Nous sommes des responsables, mariés et pères de famille, pour nombre d’entre nous. Nous avons bien des devoirs sociaux envers nos familles. Par conséquent, ne pas pouvoir travailler de nos mains comme tout le monde est un grand obstacle pour nous, faute de meilleure vue. Nous n’avons d’autre choix que celui de mendier au jour le jour, telle est notre plus grande difficulté de vie« , a-t-il poursuivi sur un ton empreint de trémolos.
Pour d’autres personnes rencontrées, le handicap visuel est le plus difficile et le plus négligé par rapport aux handicaps moteur physique ou sous-muet ou encore albinos.
Avant, les personnes aveugles luttaient contre la mendicité et ne se considéraient pas comme des nécessiteuses. Tout a basculé lorsque le Gouvernement avait fermé Beach Ngobila en 2014, de suites de tensions politiques entre les deux rives du fleuve Congo. En effet, Beach Ngobila était un lieu de commerce pour des PVH. Cette fermeture avait abouti au rapatriement des ressortissants congolais qui vivaient sur le sol brazzavillois. Depuis, la non-assistance des personnes malvoyantes par le Gouvernement face à leurs difficultés quotidiennes a constitué un calvaire pour elles. Conséquence, il y a désormais pléthore de personnes malvoyantes mendiant dans presque toutes les principales artères de la capitale.
ETRE AVEUGLE NE VEUT PAS DIRE VAURIEN
« Pour vivre et répondre à nos besoins de première nécessité, nous sommes obligés de nous armer de courage, nous lever de bonne heure, faire de longues distances de marche juste pour solliciter de l’aide à des gens de bonne foi et les bénir par la suite« , a dévoilé une maman aveugle nécessiteuse.
De 30.000 FC à 40.000 FC sont les montants de recette journalière que réalisent les personnes aveugles, si c’est une bonne journée. Un autre jour comme celui de notre entretien, elles ne collectent qu’entre 15.000 FC et 20000 FC. Tout dépend de la grâce trouvée aux yeux de ceux auprès de qui elles sollicitent de l’aide.
Pour Joachim Yala, président de l’Association des aveugles pour le développement, être aveugle n’est pas synonyme de vaurien. « Nous avons des hommes et des femmes diplômés d’Etat, gradués et même licenciés au sein de notre association. Nous ne tirons pas profit de ces études à cause de notre statut dans la société au point de nous voir négligés même par les autorités de tutelle. Nous souhaiterions occuper des postes de direction dans des institutions publiques afin de faire entendre notre voix et de défendre nos droits parce que les atouts et les compétences, nous en avons. Malheureusement, personne ne nous accorde de l’attention particulière susceptible d’améliorer ne fût-ce que nos conditions de vie« , s’est-il plaint.
Selon lui, depuis son avènement à ce poste, la ministre déléguée en charge des PVH près du Chef de l’Etat, Irène Esambo ne travaille que pour les causes et l’amélioration des conditions de vie de la catégorie de handicap dite moteur physique, qui d’ailleurs correspond à son statut. Quant aux personnes malvoyantes, aux sourds-muets et aux albinos, l’intérêt est moindre. Abondance MASAKA/Stagiaire