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La République de Corée et l'AMIKO se mobilisent pour les survivantes des violences basées sur le genre
Les survivantes des violences basées sur le genre (VBG) en République démocratique du Congo focalisent l'attention des diplomates et partenaires de la République de Corée. Le vendredi 29 mai dernier, c'est l'Association des Alumni de la KOICA (Agence coréenne de coopération internationale) en RDC, réunie au sein de l'AMIKO, qui a mis le curseur sur ''la prévention et la réponse aux violences basées sur le genre'' à travers un séminaire organisé à l'hôtel Pullman, à Kinshasa.
A l'honneur, l'ambassadeur de la République de Corée en RDC, M. Jeong Hong-geum, s'est réjoui de cette initiative, matérialisée avec le concours de la KOICA. "Nous nous réunissons autour d'un sujet douloureux, mais que nous ne pouvons affronter seuls. Les violences basées sur le genre demeurent l'un des défis les plus graves en matière de droits humains et de santé publique en République Démocratique du Congo", a déclaré, de prime abord, le diplomate coréen.
"Derrière chaque chiffre se trouvent une femme, une jeune fille, une famille - et un avenir qui mérite d'être protégé. Et pourtant, l'esprit de cette rencontre n'est pas celui de la tristesse. C'est celui de l'espoir. Nous sommes ici parce que le changement est possible, et parce que ce changement est déjà en marche", a souligné l'ambassadeur Jeong Hong-geum.
QUID DU CISM?
"Depuis plusieurs années, poursuit-il, la Corée chemine aux côtés du peuple congolais sur cette voie. En partenariat avec les Nations Unies, la KOICA a soutenu la prévention des violences basées sur le genre et la prise en charge intégrée des survivantes dans les zones affectées par les conflits".
"Au cœur de cet effort, se trouve le Centre Intégré des Services Multisectoriels (CISM) - un modèle inspiré des "Centres Tournesol" de la Corée, où une survivante peut recevoir un accompagnement médical, psychologique, juridique et social sous un même toit", note-t-il.
VIVEMENT LA SOLIDARITE
"Permettez-moi de dire simplement ce qu'a représenté ce partenariat. Grâce à ces efforts, plusieurs milliers de femmes ont bénéficié de soins médicaux et psychologiques. Beaucoup ont pu engager des démarches de protection juridique et de justice. Bien d'autres encore sont retournées à l'école, au travail, et à la dignité d'un jour ordinaire. Il ne s'agit pas d'une aide ponctuelle. C'est le travail patient de restaurer des droits et d'aider la paix à prendre racine au sein des communautés", a précisé le diplomate coréen.
"La solidarité, en fin de compte, est ce qui nous rassemble. Protéger les survivantes n'est la tâche d'aucun ministère, d'aucune agence ni d'aucun pays à lui seul. Cela nous appelle toutes et tous - gouvernement, partenaires internationaux, société civile et communautés - à agir ensemble. Je suis particulièrement fier que tant d'entre vous, présents aujourd'hui - les membres de l'AMIKO - portent ce travail vers l'avenir. Ayant bénéficié d'une formation en Corée, vous êtes désormais un pont entre nos deux pays, et une force motrice de changement durable au sein de vos propres communautés", a relevé l'ambassadeur Jeong Hong-geum.
AIDE AUX SURVIVANTES DES VIOLENCES
Directeur de la Direction d'études et planification au Ministère du Genre, Famille et Enfant, M. Célestin Ngunz, a corroboré les propos du diplomate coréen à propos du soutien actif du Gouvernement de Séoul au CISM. Consacré aux survivantes des VBG, ce programme, jadis financé par le Canada, bénéficie présentement d'un appui adéquat de la République de Corée, à travers la KOICA, a-t-il reconnu. Ce soutien, précise-t-il, s'est avéré très efficace au niveau de l'appui à la police.
Célestin Ngunz a évoqué les quatre services que réalise le CISM au profit des survivantes de VBG. En l'occurrence, la prise en charge médicale, la prise en charge psychosociale, l'accompagnement juridique et judiciaire, ainsi que la réinsertion socio-économique, garantis par la confidentialité des bénéficiaires et la transparence dans la gestion.
PLAIDOYER
Dans l'attente de la mise en place d'un secrétariat technique opérationnel pour booster les activités de ce programme multisectoriel dont s'est approprié le Gouvernement congolais, Célestin Ngunz a profité du séminaire pour lancer un plaidoyer en vue, d'une part, de voir le CISM aligné dans le budget de l'Etat, et d'autre part en vue d'obtenir l'appui des partenaires pour son extension à travers le pays.
Si, aujourd'hui, la Corée soutient activement le CISM à Walungu (Sud-Kivu), à Lukonga (Kasai) et à Limete (Kinshasa), il serait souhaitable que ce rayonnement s'étende à d'autres contrées du territoire national, a-t-il indiqué.
Le séminaire a été également l'occasion d'échanger sur la culture coréenne, à travers des exercices de calligraphie et de la cuisine. Ces assises ont connu la présence de la représentante du Ministère du Genre, Famille et Enfant et d'une forte équipe de la KOICA RDC, représentée par son Directeur Pays en RDC, M. Choi Yonjae. L'occasion a été propice pour mobiliser des fonds en faveur des survivantes de VBG, à travers une collecte individuelle.
Yves KALIKAT