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La CONEPT RDC plaide pour le soutien à l'éducation en situation d'urgence
* Faute de ressources, plus de 500 enseignants ont déserté les écoles publiques en Ituri pour se livrer aux activités aurifères et à la culture du cacao.
Les lampions sont braqués présentement sur la conférence africaine qu'organise la Campagne Mondiale pour l’Éducation. Au rendez-vous, la République démocratique du Congo participe à ces assises à travers la Coalition nationale de l'éducation pour tous (CONEPT RDC). Occasion pour les participants d'échanger sur des questions sensibles, telles que l'éducation en situation d'urgence.
En période de crise, l’éducation n'est pas un luxe, c’est un droit fondamental. En RDC, un pays meurtri par les conflits armés, les catastrophes naturelles et les déplacements massifs de la population, l’accès à une éducation de qualité pour les enfants devient un véritable combat. Coordonnateur de CONEPT RDC, Jacques Tshimbalanga a profité de ces assises pour présenter les premiers résultats d’une étude menée dans sept pays africains touchés par la crise (RDC, Burkina Faso, Tchad, Sud-Soudan, Mozambique, Somalie…).
Ces résultats ont été partagés en présence des partenaires financiers (Partenariat Mondial pour l'Éducation, GIZ, CME…), des experts et des coalitions éducatives d’Afrique. L'objectif de cette étude est de mieux comprendre comment les communautés affectées par les crises rencontrent et surmontent les obstacles à l'accès à une éducation de qualité, et comment les politiques nationales peuvent être renforcées pour répondre aux besoins spécifiques de ces populations vulnérables.
"Cette étude, explique Jacques Tshimbalanga, montre clairement que, chez nous en RDC, surtout au Nord-Kivu et dans la province de Tanganyika, l’école n’est plus toujours un lieu d’apprentissage, mais parfois un lieu de détresse. Beaucoup d’écoles sont fermées, occupées par des groupes armés ou par des familles déplacées. D’autres établissements scolaires ont été détruits par des catastrophes naturelles. Résultat : des milliers d’enfants, surtout les filles et les enfants vivant avec handicap, n’ont plus accès à une éducation normale".
Loin de se cantonner sur les résultats déplorables, le coordonnateur de CONEPT RDC propose des pistes de solutions pour sortir de l'ornière. "Il existe bien quelques solutions, comme les cours à distance via la radio. Mais, ces initiatives restent très limitées, surtout dans les zones rurales où il n’y a presque pas d’infrastructures. Les enseignants eux-mêmes sont souvent déplacés, et les classes deviennent surpeuplées", fait-il remarquer.
«Un autre problème majeur, explique-t-il, c’est le manque de coordination et de moyens. Même quand la volonté existe, les acteurs éducatifs ont du mal à intervenir dans certaines zones et manquent de ressources pour soutenir une éducation continue pendant les crises».
C’est dans cette optique, que dans la province éducationnelle Ituri 1, au Nord-Est de la RDC, plus de 500 enseignants des écoles publiques viennent de déserter leurs postes depuis le début de l'année scolaire 2025-2026 pour aller s’adonner à des activités jugées plus lucratives.
Ils se ruent désormais dans les zones minières où ils s’adonnent à l’extraction de l’or et dans les aires champêtres où ils se livrent à la culture du cacao, renseigne Yvon Abwasel, inspecteur principal provincial de cette zone éducative. Dans la ville de Bunia et dans les territoires d'Irumu, Mambasa et Djugu, on se retrouve, dès lors, devant des classes surpeuplées où l’effectif d’enseignants est de plus en plus dérisoire.
«Au regard de ces données, conclut Jacques Tshimbalanga, un point ressort clairement. Pour avancer, il faut absolument impliquer les communautés locales et renforcer l’inclusion. Ce sont ces communautés qui comprennent le mieux leurs propres besoins, et leur participation est la clé pour rendre notre système éducatif plus résilient».
Yves KALIKAT