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La caravane “Pas d'écoles publiques sans bancs : Le Service national remet 500 bancs-pupitres à l'EP 1 et 7 Kimpangi et Lycée Tolendisa
À Camp Luka, quartier populaire accroché aux collines de Ngaliema, l’espoir a de nouveau pris la forme du bois neuf et du fer forgé. Pour la deuxième fois en moins d’une semaine, le Service national a fait le déplacement dans cette partie de Kinshasa longtemps reléguée aux marges. Mercredi 14 janvier 2026, 500 bancs-pupitres ont été officiellement remis aux écoles primaires 1 et 7 Kimpangi ainsi qu’au Lycée technique Tolendisa. Un geste qui dépasse la simple dotation matérielle : il raconte une histoire de rédemption, de dignité retrouvée et de foi dans la jeunesse congolaise.
La cérémonie, sobre mais chargée d’émotion, était présidée par le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant du Service national. Autour de lui, des enseignants en uniforme élimé, des parents aux visages marqués par les difficultés quotidiennes, et surtout des centaines d’élèves dont les regards brillaient d’une joie inhabituelle. Dans ces écoles où l’on s’asseyait encore à trois sur un banc branlant, voire à même le sol, l’arrivée de ces pupitres a eu l’effet d’une délivrance.
« Ce que nous recevons aujourd’hui n’a pas de prix », murmure un instructeur de l’EP Kimpangi 1, la voix tremblante. « Nos enfants vont enfin étudier comme des êtres humains. » Autour de lui, les élèves caressent le bois verni comme on touche un cadeau longtemps attendu. Pour beaucoup, c’est la première fois qu’ils disposent d’un banc personnel, d’un espace à eux pour écrire leur avenir.
500 bancs-pupitres fabriqués par des ex-kulunas
Ces 500 pupitres portent une symbolique particulière : ils ont été fabriqués par des ex-kulunas, ces jeunes jadis redoutés pour leur violence, aujourd’hui transformés par le programme de réinsertion du Service national à Kaniama-Kasese. De mains qui tenaient hier des pierres ou des machettes sont sortis des outils de savoir. Une métamorphose que les habitants de Camp Luka observent avec respect. « C’est la preuve que personne n’est perdu pour le Congo », lance un parent d’élève, applaudi par la foule.
La préfète du Lycée Tolendisa ne cache pas son admiration : « Coup de chapeau au Service national. Qu’il continue à récupérer nos enfants qui traînent ici sans repères. Nous voulons les voir partir à Kaniama-Kasese et revenir comme ceux qui ont fabriqué ces bancs : disciplinés, formés, utiles à la nation. » Ses mots traduisent une attente profonde : celle d’un État qui ne punit pas seulement, mais qui relève.
“Le temps de l’enseignement routinier est révolu…”
Prenant la parole, le lieutenant-général Kasongo Kabwik a rappelé que cette action s’inscrit dans la vision du Chef de l’État Félix Tshisekedi, pour qui l’éducation constitue la première bataille du développement. « Voilà ce qui arrive lorsqu’on décide d’agir, a-t-il déclaré. Si en moins de trois ans des jeunes considérés comme perdus deviennent des artisans du progrès, imaginez ce que nos élèves peuvent devenir avec un encadrement adéquat. Le temps de l’enseignement routinier est révolu ; la formation doit répondre aux besoins réels du pays. »
À Camp Luka, ces paroles trouvent un écho particulier. Le quartier, souvent associé à la précarité et à l’insécurité, voit peu à peu son image se transformer. Les bancs alignés dans les salles de classe sont devenus des symboles visibles de cette mutation. Ils disent que même au cœur des zones les plus fragiles, la République peut se tenir debout.
La campagne « Pas d’école sans banc », voulue par le Président de la République, prend ici tout son sens. Elle ne vise pas seulement à meubler des écoles, mais à restaurer la dignité des élèves, à redonner confiance aux enseignants et à réconcilier des communautés avec l’avenir. Chaque pupitre installé est une promesse silencieuse : celle qu’aucun enfant congolais ne devrait apprendre à genoux.
Lorsque la cérémonie s’est achevée, des élèves ont improvisé des chants de gratitude. Les plus petits testaient déjà leurs nouvelles places, rêvant d’y tracer demain les lettres de leur réussite. Dans un coin, un ancien kuluna devenu menuisier regardait la scène avec fierté. Ses mains calleuses avaient contribué à ce moment.
À Camp Luka, on ne parle plus seulement de bancs, mais de renaissance. Et le Service national, fidèle aux instructions présidentielles, a rappelé qu’il continuera à sillonner le pays pour que l’école congolaise redevienne ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : le premier atelier de la grandeur nationale.
Jérémie ASOKO