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Kinshasa : lancement du projet Doperaus pour booster les plateformes ‘‘Une seule santé’’ en RDC et en Guinée
Le ministre congolais de la Santé publique, hygiène et prévention, Dr Jean-Jacques Mbungani, vient de procéder au lancement du projet DOPERAUS. Une initiative destinée à favoriser l’éclosion des plateformes ‘‘One Health’’ (OH) ou ‘‘Une seule santé’’ en RDC et en Guinée. La cérémonie s’est déroulée hier jeudi 7 juillet à l’Institut national des recherches biomédicales (INRB), à Kinshasa.
Financé par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) à hauteur d’environ 4 millions de dollars canadiens, ce projet est conçu pour une durée de trois ans, soit de 2022 à 2025, renseigne Dr Justin Masumu, professeur à l’Université pédagogique nationale (UPN) et chercheur à l’INRB.
Un de promoteurs de ce projet régional, Dr Justin Masumu révèle que le lancement de DOPERAUS à Kinshasa intervient quasiment un mois après le démarrage des activités de cette initiative en Guinée Conackry. D’où, la présence, dans la capitale congolaise, de son collègue guinéen qui est venu particulièrement assister au coup d’envoi de ce projet en RDC.
D’après Dr Masumu, ce projet intervient dans un contexte où la RDC et la Guinée se trouvent fortement affectés par des maladies à potentiel épidémique. En dépit de plusieurs initiatives « Une seule santé » dans ces pays, il n’existe pas encore une approche systémique « One Health » qui soit réellement opérationnelle, fait-il remarquer.
Une approche pluridisciplinaire
D’après le ministre Mbungani, «la plupart de maladies émergentes et réémergentes auxquelles fait face notre pays sont généralement associées aux multiples contacts étroits entre les humains, les animaux et l’environnement, avec un potentiel épidémique très élevé. La prévention et la prise en charge de ces maladies tiennent compte, non seulement du secteur de la santé humaine, mais également de celui de la santé animale et des facteurs sociaux écologiques dans lesquels évoluent l’être humain. C’est dans ce sens que l’approche “une seule santé” considère le lien intrinsèque entre la santé humaine, animale, environnementale et végétale. C’est dans cette logique que le projet « Une seule santé » a vu le jour».
«Les objectifs spécifiques de ce projet consistent notamment à cartographier les parties prenantes « One Health » et à renforcer leur coordination ; à réaliser une analyse des causes et conséquences des maladies infectieuses émergentes sur le genre et les groupes vulnérables ; à renforcer les systèmes de surveillance d’information et de communication sur les risques ; et à soutenir les mécanismes d’investigation pluridisciplinaire», a soutenu Dr Sheila Makiala, professeure à la faculté de médecine de l’Université de Kinshasa (UNIKIN) et également chercheuse à l’INRB.
Un projet au profit de cinq provinces pilotes
Ce projet, explique-t-elle, comporte trois composantes : le renforcement de la gouvernance par une analyse environnementale ; l’investigation des causes et conséquences des maladies infectieuses émergentes ; et le renforcement des mécanismes de surveillance et d’investigation des maladies infectieuses émergentes.
D’après Dr Sheila Makiala, DOPERAUS sera mis en œuvre dans cinq provinces en RDC, en l’occurrence Kinshasa, Équateur, Nord-Kivu, Kasaï-Oriental et Haut-Katanga. Le projet bénéficiera d’une équipe d’encadrement multidisciplinaire, constituée des experts du Canada (Université d’Ottawa), de Suisse (Université de Zurich), de Guinée (CERFIG, Université Gamal Abdel Nasser) et de la RDC (INRB, UNIKIN, UPN).
Pour sa part, Rodrigue Deuboué, représentant de l’Université d’Ottawa, a tenu à souligner que ce projet privilégie une approche multidisciplinaire qui s’avère efficace en matière de santé. Professeur à l’Université Gamal Abdel Nasser de Conackry, Abdoulaye Touré s’est, lui, réjoui de cette initiative qui permettra particulièrement à la RDC et à la Guinée d’échanger d’expériences à travers ce projet commun. Yves KALIKAT