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Kinshasa : Chief Tshipamba serre la vis pour assainir le secteur des transports urbains
Dans une ville au trafic souvent anarchique, où le chaos routier semble devenu la norme, le ministre provincial des Transports et Mobilité urbaine, Chief Tshipamba, vient de lancer un véritable coup de balai réglementaire. À travers une série de mesures à portée structurante, effectives depuis le 15 avril, le membre du gouvernement provincial veut instaurer une nouvelle ère dans la gouvernance des transports urbains à Kinshasa.
Au cœur de sa réforme, une volonté claire : mettre fin à certaines pratiques devenues aussi dangereuses qu'illégales, notamment dans le district de la Tshangu, dans l'Est de la capitale. Chief Tshipamba interdit désormais formellement la présence de trois personnes dans la cabine du conducteur. Une habitude jugée irresponsable, souvent observée dans les taxis-bus, qui compromet sérieusement la sécurité des passagers comme celle des piétons.
Autre dérive pointée du doigt : la pratique dite du " chambre salon ", qui consiste à entasser les passagers dans les véhicules de type 207, transformant l'habitacle en un espace surchargé et étouffant. Le ministre n'y est pas allé par quatre chemins : cette pratique est désormais proscrite.
Contrôle technique, redevances urbaines et recensement des véhicules
Mais au-delà de la simple répression des comportements déviants, Chief Tshipamba s'attaque aux fondements structurels du secteur. Tous les véhicules de transport sont désormais tenus de se soumettre à un contrôle technique rigoureux dans les centres agréés, et ce, au plus tard le 15 avril 2025. Une exigence qui vise à renforcer la sécurité routière et à sortir du circuit les véhicules vétustes qui pullulent sur les artères kinoises.
En parallèle, le ministre insiste sur l'obligation de s'acquitter des droits dus au Trésor urbain, notamment à travers la taxe de stationnement pour les motos et le paiement des frais de parking pour les véhicules. Fini les encaissements douteux ou les paiements à la volée : tout devra désormais se faire selon les procédures légales, avec une traçabilité claire.
Chief Tshipamba veut également établir une cartographie fiable du parc automobile actif dans le secteur du transport. À cet effet, il enjoint aux propriétaires de véhicules de moins de 20 tonnes, utilisés pour le transport de biens et de personnes, de déclarer la liste complète de leurs charrois d'ici au 15 avril. Une mesure qui permettra une meilleure planification et un meilleur encadrement des flux de transport en milieu urbain.
Une volonté de rupture et de rigueur
Le ton est donné : Kinshasa ne saurait continuer à se mouvoir dans l'improvisation et l'impunité. À travers cette batterie de mesures, Chief Tshipamba affiche une posture de rigueur, loin des effets d'annonce sans lendemain. Il s'agit là d'un signal fort envoyé à tous les acteurs du secteur, appelés à s'aligner ou à s'effacer.
Si la mise en œuvre de ces mesures reste un défi de taille dans une ville aussi tentaculaire que Kinshasa, leur portée symbolique et pratique pourrait amorcer un véritable tournant. À condition, bien sûr, que le contrôle sur le terrain suive, et que la volonté politique ne s'essouffle pas. Comme pour bien d'autres mesuers prises antérieurement sous l'ère d'anciens gouverneurs de la province de Kinshasa.
Le transport kinois, longtemps livré à lui-même, semble désormais sur la voie d'une mutation. Chief Tshipamba en fait le pari. Les jours à venir diront si la ville-capitale saura prendre ce virage avec discipline et responsabilité.
Jérémie ASOKO