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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
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Kasaï-Central : Le pont de la rivière Lubudi au bord de l’effondrement
Le pont de la rivière Lubudi, axe stratégique du territoire de Dimbelenge, dans la province du Kasaï-Central, est dans un état de délabrement rès avancé qui fait penser à son effondrement imminent. Au sein de la population, les inquiétudes montent. Normal, dans la mesure où cette infrastructure vitale, autrefois symbole de désenclavement, est presque croulant. Conséquence : des centaines d’usagers sont quotidiennement exposés à un danger mortel. Face à l’inaction des autorités provinciales et locales, la colère monte parmi les citoyens, qui dénoncent un abandon pur et simple d’une région pourtant essentielle à l’économie du Kasaï-Central.
Construit il y a plusieurs décennies, le pont de la rivière Lubudi joue un rôle important dans la circulation des biens et des personnes entre Dimbelenge et les autres zones du Kasaï-Central. Il s'avère,cépendant, que depuis des années, aucune mesure sérieuse n’a été prise pour assurer son entretien. Lors de notre passage sur le lieu hier dimanche 17 août, nous avons constaté des poutres métalliques rouillées, le tablier fissuré et les culées érodées qui témoignent d’un état de dégradation avancée, rendant le passage périlleux aussi bien pour les véhicules que pour les piétons.
«C’est un miracle que ce pont tienne encore», témoigne un chauffeur de camion, contraint d’emprunter cette voie pour approvisionner les marchés locaux. Et d’ajouter : «À chaque traversée, nous prions pour ne pas être emportés par l’effondrement. Les autorités nous ont oubliés».
Les riverains décrivent des scènes de panique lorsque des transporteurs poids lourds s’engagent sur la structure, faisant trembler l’ensemble de l’ouvrage. Malgré les signaux d’alarme répétés, aucune restriction de circulation ni travaux d’urgence n’ont été mis en place, laissant les usagers dans une angoisse permanente.
LE SILENCE ASSOURDISSANT DES AUTORITES
Interpellées à plusieurs reprises sur la dangerosité du pont, les autorités provinciales n’ont jusqu’ici apporté aucune réponse tangible. Aucun budget d’urgence n’a été débloqué. Pas d'aucun appel d’offres lancé. Pas d'inspection technique approfondie pour évaluer les risques.
Les élus locaux du territoire de Dimbelenge ne sont pas en reste : leur mutisme face à cette crise est vivement critiqué par la population. «Nos représentants sont invisibles. Ils ne parlent jamais de ce pont qui menace nos vies. Où sont les fonds alloués aux infrastructures ?», s’indigne un leader communautaire.
Cette inertie politique illustre un problème plus large : le désintérêt chronique pour l’entretien des infrastructures rurales, pourtant indispensables au développement socio-économique. Alors que le Kasaï-Central cherche à relancer son agriculture et son commerce, l’état déplorable des routes et ponts comme celui de Lubudi constitue un frein majeur.
Au-delà du danger immédiat pour les vies humaines, la dégradation du pont de Lubudi paralyse l’économie locale. Les transporteurs hésitent à emprunter cet axe, augmentant les coûts logistiques et réduisant l’approvisionnement des marchés. Les agriculteurs peinent à écouler leurs productions, tandis que les services de santé sont perturbés par l’isolement croissant des villages environnants.
«Si ce pont s’effondre, toute la région sera coupée du reste de la province. Nous appelons le gouverneur et le gouvernement central à agir avant qu’il ne soit trop tard», alerte un commerçant de Lubudi.
Félix MULUMBA KALEMBA