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Kasaï-Central : La Journée internationale de la jeunesse tourne à une tribune de disputes à Kananga
La célébration de la Journée internationale de la jeunesse, hier mardi 26 août dans l'enceinte de la salle CEICA à Kananga au Kasaï-Central, a tourné au fiasco, laissant un goût amer parmi des centaines de jeunes participants venus chercher inspiration et reconnaissance. Initialement conçue comme une tribune d'échanges, de réflexion et de valorisation du rôle de la jeunesse dans le tissu socio-économique de la province, cette manifestation a été éclipsée par une désorganisation profonde, des conflits internes et un manque de leadership criant.
D'entrée de jeu, l'événement a été marqué par l'absence notoire du président du Conseil provincial de la jeunesse (CPJ). Cette vacance à la tête de l'organisation a jeté une lumière crue sur le manque de préparation et de cohésion au sein de l'équipe restante. Dépourvus de direction ferme et de plan de coordination clair, les organisateurs ont semblé naviguer à vue, transformant ce qui devait être une journée de solennité en une suite d'improvisations chaotiques.
Les participants, venus de différents horizons de la province du Kasaï-Central, n'ont pas tardé à exprimer leur profonde déception. "Nous étions venus pour être écoutés et guidés, mais nous avons trouvé le désert et la confusion. Cette journée est une métaphore de notre abandon quotidien ", a confié, sous couvert à l'anonymat, un jeune leader estudiantin présent sur les lieux.
DES PERTURBATIONS PROCEDURALES ET UN MANQUE DE COHÉRENCE
Le déroulement du programme a été marqué par des dysfonctionnements majeurs, notamment une gestion calamiteuse de la modération. À trois reprises, différents modérateurs se sont succédé sans la moindre passation de consignes ou coordination, créant un sentiment d'amateurisme généralisé. La situation a atteint son paroxysme lorsque l'un des modérateurs, visiblement frustré, a claqué la porte après une altercation vive avec un membre du comité d'organisation, plongeant l'assemblée dans un silence gêné. Cette instabilité procédurale a irrémédiablement brisé le fil conducteur de la célébration, faisant perdre à l'événement sa substance et son rythme.
L'un des points les plus sombres de la journée est survenu autour de la gestion d'une enveloppe symbolique remise par un partenaire. Ce geste de soutien, qui aurait dû être une formalité positive, a dégénéré en une querelle publique et inédifiante entre les organisateurs, les disputant visiblement sur la gestion ou la répartition des fonds.
Pendant plus de trente minutes, la jeunesse, pourtant censée être la raison d'être de l'événement, a été purement et simplement abandonnée. Livrés à eux-mêmes, sans animation ni discours, les participants ont assisté, médusés et honteux, à ces échanges houleux qui ont fini de consumer l'esprit de la journée. Cette séquence a conduit de nombreux jeunes à quitter les lieux prématurément, désillusionnés par ce spectacle de divisions et de luttes d'intérêt sordides.
DES LUEURS D'ESPOIR DANS L'OMBRE : LA QUALITÉ MALGRÉ TOUT
Malgré ce contexte exécrable, il convient de saluer la tenue de deux exposés de haute facture qui ont temporairement redonné un semblant de légitimité à l'événement.
Le premier, portant sur " la paix et le développement ", a offert une analyse pertinente et documentée du contexte socio-politique tendu de la région, proposant des pistes de réflexion constructives pour l'implication des jeunes dans la consolidation de la paix.
Le second, audacieux et nécessaire, a abordé le sujet crucial de " l'hygiène menstruelle ". Cette présentation a bravé un tabou persistant pour éclairer l'assistance sur un enjeu fondamental de santé publique et d'autonomisation des jeunes filles, rappelant que le rôle de la jeunesse est aussi de porter les débats essentiels.
L'échec de cette célébration est symptomatique d'un malaise plus profond : le manque de professionnalisme et de sérieux dans la gestion des instances représentatives de la jeunesse. Une journée aussi symbolique que la Journée internationale de la jeunesse ne saurait être confiée à des mains peu préparées ou à une structure en manque de cohésion.
Il revient donc impérativement au président du CPJ, d'assumer la responsabilité de cette débâcle et de présenter des excuses publiques à la jeunesse du Kasaï-Central; tirer les conséquences organisationnelles de cet échec et de procéder à une évaluation interne rigoureuse; et organiser en urgence une rencontre de rattrapage, préparée avec le plus grand sérieux, en collaboration avec toutes les franges de la jeunesse, afin d'offrir une tribune digne de ce nom.
Félix Mulumba Kalemba