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Kananga: mobilisation azimut pour le soutien aux FARDC
Le samedi 1er février, la ville de Kananga au Kasaï-Central a résonné de slogans et de chants patriotiques alors qu'elle accueillait une série de quatre marches consacrées au soutien aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et à une ferme opposition à l'agression rwandaise dans l'Est du pays.
La première marche, initiée par diverses structures de la société civile, a débuté au rond-point Notre Dame avant de chuter à la place de l'Indépendance. Elle a connu la participation active du gouverneur du Kasaï-Central, Joseph-Moïse Kambulu Nkonko, ainsi que de plusieurs ministres de son gouvernement.
La manifestation, agrémentée de discours mobilisateurs, a culminé avec un moment symbolique fort : les chefs coutumiers des cinq territoires du Kasaï-Central se sont réunis pour exprimer leur solidarité envers la nation. Lors de cette cérémonie, ces dignitaires ont procédé à un rituel symbolique d'élimination du président rwandais, Paul Kagame, qu'ils considèrent comme l'instigateur des troubles dans l'Est de la RDC. En allumant de l'encens et en faisant crépiter une balle traditionnelle, les chefs coutumiers ont marqué leur détermination à contrecarrer toute tentative d'agression sur le sol congolais.
Les autres marches, dont la deuxième, initiée par l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), ainsi que celle réunissant plusieurs partis d'opposition, ont également renforcé ce message commun de résistance contre l'agression et de soutien aux FARDC. La quatrième et dernière marche, quant à elle, a été dirigée par l'Église évangélique des Sacrificateurs de Ndesha, soulignant ainsi l'ampleur de la mobilisation autour de cette cause nationale.
Cependant, cet élan de solidarité n'a pas été sans soulever certaines interrogations. La population locale a exprimé de vives inquiétudes quant à l'opportunité et à la coordination de ces marches, se demandant pourquoi quatre manifestations indépendantes ont eu lieu pour défendre une même cause. Cette pluralisation des manifestations a engendré une certaine confusion parmi les citoyens, qui se sont questionnés sur la nature véritable de ces marches. Est-ce un mouvement politique ou un mouvement relevant du soutien aux FARDC et à l'autorité présidentielle ? Cette situation complexe a conduit certains à critiquer le maire de Kananga, qui avait donné son autorisation à chaque groupe de tenir ses activités sagement, sans considérer l'impact d'une telle fragmentation sur la population.
Par ailleurs, il est à noter que cette mobilisation a également révélé les tensions politiques sous-jacentes et les rivalités. Bien que l'objectif affiché soit la défense de la souveraineté nationale, la diversité des voix et des organisateurs a suscité des questionnements sur la cohésion et l'unité des partis et mouvements face à une menace commune.
Félix Mulumba