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Zéro tarif douanier : l'agriculture appelée à desserrer l'étau de la dépendance minière
La République démocratique du Congo veut diversifier ses exportations vers la Chine en misant sur ses produits agricoles, notamment le cacao, le café, la mangue, le manioc et l'huile de palme. Mais entre les potentialités agricoles du pays et sa capacité à approvisionner durablement le marché chinois, le défi reste considérable : structurer les filières, garantir la qualité des produits et assurer des volumes suffisants.
Selon Tyty Tshiumbu, directeur du développement des produits et de l'assistance technique à l'Agence nationale de promotion des exportations (Anapex), les échanges commerciaux entre Kinshasa et Pékin restent largement dominés par les minerais. Une part importante de la production minière congolaise est destinée au marché chinois, tandis que les exportations agricoles demeurent encore limitées.
"Il n'y avait aucune direction dans ce sens-là", explique-t-il à propos des exportations agricoles congolaises vers la Chine avant les démarches engagées par l'ANAPEX depuis 2020.
L'objectif désormais de transformer le potentiel agricole national en véritables débouchés commerciaux, au-delà des exportations occasionnelles.
LE CACAO ET LE CAFE RENFORCENT LA PRESENCE CONGOLAISE
Le cacao et le café figurent parmi les produits susceptibles de renforcer la présence congolaise sur le marché chinois. La mangue, le manioc, le piment et l'huile de palme font également partie des filières évoquées par le responsable de l'Anapex.
Selon ce dernier, la Chine a déjà autorisé l'accès de l'huile de palme congolaise à son marché, sous réserve du respect des procédures d'enregistrement et de qualification des entreprises exportatrices. D'autres produits ont fait l'objet de démarches spécifiques, notamment sur le plan phytosanitaire.
Cette ouverture constitue une possibilité commerciale, mais elle ne garantit pas, à elle seule, des exportations régulières. Les entreprises congolaises doivent encore démontrer leur capacité à satisfaire les exigences des acheteurs, tant en matière de qualité que de quantité.
Pour l'Anapex, la diversification des exportations suppose une meilleure organisation des producteurs et des opérateurs économiques. L'agence mise notamment sur les cercles de qualité, destinés à adapter les produits aux exigences de chaque marché, ainsi que sur les groupes d'intérêts communs, qui permettent de mutualiser les ressources et les capacités de production.
L'enjeu est de dépasser la dispersion des producteurs et les difficultés de traçabilité pour proposer une offre structurée, conforme aux normes internationales et suffisamment stable pour honorer les commandes.
Car l'accès au marché chinois exige également une connaissance précise de l'origine des produits, des méthodes de culture, des nuisibles et des pesticides utilisés. Ces informations sont indispensables à l'évaluation des risques phytosanitaires par les autorités chinoises.
### FAIRE DE LA PRODUCTION AGRICOLE UNE VERITABLE ACTIVITE D'EXPORTATION
La volonté de promouvoir les produits agricoles congolais répond à un enjeu économique majeur : élargir les sources de revenus tirés du commerce extérieur et réduire la concentration des exportations sur les matières premières minières.
Mais la transformation de cette ambition en résultats dépendra de la capacité des acteurs congolais à organiser durablement la production, à respecter les normes exigées et à répondre aux besoins du marché chinois.
Pour la RDC, l'enjeu ne consiste donc pas seulement à accéder au marché chinois, mais à y installer durablement ses produits agricoles. Une diversification qui ne pourra se concrétiser qu'en faisant de la production agricole une véritable activité d'exportation, structurée, compétitive et capable de répondre aux exigences du commerce international.
J.A