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Yoweri Museveni à la tête du Mécanisme de suivi de l'Accord-cadre d'Addis-Abeba
Le président ougandais Yoweri Kaguta Museveni, a officiellement pris, le mercredi, à Entebbe, la présidence du Mécanisme régional de suivi de l'Accord-cadre d'Addis-Abeba pour la paix, la sécurité et la coopération en République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs. Il succède à son homologue burundais, Évariste Ndayishimiye, à l'issue du 12? sommet de haut niveau tenu à la State House d'Entebbe, en Ouganda.
Lors de cette cérémonie solennelle, le président Ndayishimiye a remis les instruments de pouvoir à son successeur pour un mandat de deux ans à la tête de ce mécanisme chargé d'assurer le suivi de l'application des engagements pris par les États de la région en faveur de la paix et de la stabilité.
NECESSITE D'UNE RESPONSABILITE COLLECTIVE
Dans son discours, le président Museveni a insisté sur la nécessité d'une responsabilité collective régionale dans la résolution des crises qui minent l'est de la RDC et ses environs. Il a également plaidé pour une limitation de l'ingérence étrangère dans les affaires de la région. " Nous connaissons nos problèmes et nous pouvons les résoudre. Ce qui manque, c'est la volonté politique. Les étrangers devraient réduire leur implication, car ce sont eux qui, souvent, encouragent les erreurs en croyant bien faire", a-t-il déclaré.
Le chef de l'État ougandais a, par ailleurs, rappelé les origines historiques des tensions actuelles, évoquant notamment la politique identitaire et les ingérences extérieures remontant à l'époque des régimes de Mobutu Sese Seko et de Juvénal Habyarimana. "L'armée de Mobutu a été vaincue au Rwanda et, avec Habyarimana, ils ont fui vers Goma. Nous l'avions appelé pour désarmer ces forces, mais il a refusé, estimant que seul comptait le soutien des puissances étrangères ", a souligné M. Museveni.
La rencontre a réuni les chefs d'État et de gouvernement, ou leurs représentants, des pays signataires de l'Accord-cadre, parmi lesquels l'Ouganda, le Burundi, l'Angola, la RDC, le Rwanda, le Kenya, le Congo, la Tanzanie, la Zambie, l'Afrique du Sud, le Soudan et le Soudan du Sud. Y ont également pris part les garants de l'accord, notamment l'Union africaine, les Nations Unies et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), ainsi que des partenaires de la région présents à titre d'observateurs.
REGION CONFRONTEE A DES DEFIS MAJEURS
Pour mémoire, l'Accord-cadre d'Addis-Abeba, signé en 2013 sous l'égide de quatre organisations internationales et régionales, ambitionne de s'attaquer aux causes profondes de l'instabilité dans l'est de la RDC par une coopération et une responsabilité partagées des pays de la région. Douze ans après sa signature, son application reste cependant en deçà des attentes, freinée par des résistances internes et des rivalités persistantes.
Le prochain sommet du Mécanisme régional de suivi est attendu dans deux ans, alors que la région reste confrontée à des défis sécuritaires majeurs et que les attentes des populations en matière de paix durable demeurent vives. J.A