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Augustin Kabuya dément toute insulte proférée par Félix Tshisekedi contre Kabila
*Le SG de l'UDPS parle d'une "mauvaise interprétation"
Le président intérimaire de l'UDPS, Augustin Kabuya, a fermement démenti les accusations selon lesquelles le président de la République, Félix Tshisekedi, aurait traité son prédécesseur, Joseph Kabila, de "chien".
Intervenant devant la presse et des militants de son parti le samedi 20 juin, il a assuré que les propos du chef de l'État avaient été "sortis de leur contexte" et déformés par ses détracteurs.
Selon le secrétaire général de l'UDPS, le président Tshisekedi faisait référence à une "marionnette" manipulée par d'autres acteurs politiques, et non à Joseph Kabila lui-même.
"Le président Félix Tshisekedi n'a jamais traité Kabila de chien. Les propos ont été sortis de leur contexte. Le chef de l'État voulait dire 'leur marionnette'", a déclaré Augustin Kabuya, appelant à restituer fidèlement le sens des déclarations présidentielles.
Le dirigeant du parti présidentiel estime que la polémique a éclipsé ce qu'il considère comme le véritable enjeu du discours du chef de l'État. D'après lui, les réactions suscitées viseraient surtout à détourner l'attention des allusions faites par Félix Tshisekedi à l'assassinat de Laurent-Désiré Kabila.
"Le problème capital n'était même pas cette phrase. Ce qui dérangeait, c'était les questions soulevées sur la mort de Laurent-Désiré Kabila", a soutenu Augustin Kabuya, avant de relancer une accusation lourde de conséquences : "Tout le monde le sait, c'est Kabila qui a tué Laurent-Désiré Kabila."
"ILS ONT PLACÉ LEUR CHIEN POUR TOUT EXÉCUTER"
Revenant sur l'expression controversée "le chien qui obéit à son maître", le président intérimaire de l'UDPS a défendu la lecture de son camp. Selon lui, cette formule désignait une personne utilisée comme instrument d'exécution par d'autres décideurs.
"Ils ont placé leur chien pour tout exécuter", a-t-il expliqué, précisant que cette image renvoyait, selon lui, à "leur marionnette", c'est-à-dire une personne "facile à manipuler".
Augustin Kabuya a également contre-attaqué face aux critiques formulées contre Félix Tshisekedi sur les réseaux sociaux et dans les rangs de l'opposition. Il a vanté le niveau d'instruction et l'éducation du chef de l'État, tout en dénonçant des attaques qu'il juge infondées.
"Parmi tous ceux qui critiquent Félix Tshisekedi, qui a le même niveau d'éducation, ou un niveau supérieur au sien ? (...) Nous devons cesser avec les bêtises", a-t-il lancé.
"LE CHIEN ABOIE, LA CARAVANE PASSE"
Le responsable de l'UDPS a par ailleurs rappelé qu'à l'époque où Joseph Kabila dirigeait le pays, celui-ci répondait régulièrement à ses détracteurs par la formule : "Le chien aboie, la caravane passe". Pour Augustin Kabuya, cette expression revenait déjà à assimiler ses opposants à des chiens.
Cette mise au point intervient dans un climat politique marqué par une vive controverse autour des récentes déclarations du président Félix Tshisekedi. Plusieurs proches de Joseph Kabila ainsi que des figures de l'opposition ont appelé le chef de l'État à faire preuve de davantage de retenue et de respect à l'égard de son prédécesseur, ravivant les tensions entre les deux principaux camps politiques du pays.
Jérémie ASOKO