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Vers des élections chaotiques ?
Ce n’est plus un secret pour personne. L’équipe complète du bureau de la CENI a été entérinée le jeudi 23 décembre par la plénière de l’Assemblée nationale, malgré des dénonciations ayant courronné sa mise en place. Ce qui fait que sur le plan juridique, ce bureau de la Centrale électorale n’ait plus d’obstacle pour travailler.
Dans la chronologie des faits, c’est d’abord le Président de la république lui-même qui avait investi par voie d’ordonnance, les treize membres sur les quinze qui composent le bureau.
A ce jour, cette vacance a été comblée de la manière que connait le commun des mortels congolais. C’est-à-dire le débauchage dans les rangs de l’Opposition parlementaire incarnée par le FCC de Joseph Kabila. Ce qui pousse, en toute logique, les observateurs lucides à s’interroger pour savoir si avec un tel bureau de la Centrale électorale qui joue le rôle d’arbitre des joutes électorales entre différents compétiteurs, va faire mieux que tous les autres bureaux qu’elle a connus depuis 2006, en proclamant les vrais résultats tels qu’exprimés par les électeurs dans les urnes.
A ce questionnement, d’aucuns s’empressent à répondre par la négative. Avec l’installation du bureau Kadima des observateurs vont jusqu’à se demander si ce n’est pas le décor des élections chaotiques qui serait déjà planté. Ici, tous les analystes sont d’avis que c’est le Président de la république lui-même, chef de l’actuelle Majorité parlementaire qui est à la manœuvre. Autrement, il n’aurait pas investi par ordonnance présidentielle le bureau incomplet et contesté de Denis Kadima comme il l’avait fait autrefois pour Ronsard Malonda sous le bureau Mabunda de l’Assemblée nationale.
C’est là toute la difficulté. Que Félix Tshisekedi annonce sa candidature à la présidentielle de décembre 2023, ce qui est de son droit. Mais en même temps, c’est là que la chose corse, il impose aux autres compétiteurs un bureau de la CENI acquis à sa cause, comme l’ont dénoncé les catholiques (CENCO) et les protestants (ECC) qui ont même appelé à des manifestations publiques monstres à Kinshasa tout comme dans les provinces par le biais du Conseil apostolique des laïcs catholiques (CALCC) et son pendant Ministère des laïcs protestants (MILAPRO).
Il sied de relever que le chef de l’Union sacrée n’était pas candidat en 2023, la méfiance des autres parties prenantes n’aurait pas la même ampleur. Or, c’est lui le candidat unique de l’Union sacrée pour 2023.
Qui plus est, il n’envisage même pas de faire marche arrière. Loin s’en faut. Dimanche dernier lors de sa tournée dans le Kasaï Oriental, le député national André Mbata Mangu, président de la Commission mixte paritaire de l’Assemblée nationale ayant en charge l’examen des dossiers des candidats au bureau et à la plénière de la CENI, a fait une déclaration au vitriol quia glacé l’échine de plus d’un. Il s’attaque d’abord avec virulence aux Pères-Evêques de la CENCO et de l’ECC qui, selon lui, n’ont pas assuré leur mission prophétique mais se sont plutôt comportés en politiciens. Ce qui a conduit à l’absence de consensus à la sous-composante «Confessions religieuses». Et s’en suit la sentence d’André Mbata Mangu, dans la loi des confessions religieuses dans la procédure de désignation des membres du bureau de la CENI tout comme de la plénière en ne les réservant qu’à la seule Société civile.
Pas un seul mot de mépris envers les six confessions religieuses ayant soutenu la candidature de Denis Kadima, en violation des prescrits de leur propre «Charte» et par qui le scandale est arrivé. En ce qui concerne l’équipe entérinée de Denis Kadima, Mbata Mangu tape le poing sur la table qu’elle est en place jusqu’en 2023, on ne ferait pas marche arrière.
Ce qui ouvre la voie aux élections chaotiques en 2023 où par ailleurs le sentiment qui est partagé dans l’opinion en dehors de l’Union sacrée est que ce bureau de la CENI présidé par Denis Kadima ne vient que porter en triomphe, comme vainqueur, le Président sortant Félix Tshisekedi. Autrement dit, il n’y aurait pas eu ce passage en force systématique dans tout le processus de désignation des membres du bureau de la CENI, à la sous-composante «Confessions religieuses» où les six confessions religieuses ont désigné Denis Kadima en l’absence des catholiques de la CENCO et des protestants de l’ECC qui assure le présidium de la sous-composante.
D’où, avec ce décor bien planté, les mêmes observateurs estiment à juste titre qu’il n’y aura rien de nouveau aux élections de décembre 2023. Sinon la répétition de ce qui s’est passé en 2006, 2011 et 2018 qui ont conduit la RDC à des crises de légitimité sans fin. En 2006, Kinshasa a connu sa première guerre entre les troupes de Jean-Pierre Bemba du MLC, qui ont même incendié le siège de la Cour suprême de justice qui traitait du contentieux électoral et l’Armée régulière qui soutenait Joseph Kabila proclamé vainqueur par la Commission électorale présidée par M. l’abbé Malumalu de la Société civile.
Même scenario en 2011 lorsqu’Etienne Tshisekedi wa Mulumba de l’UDPS conteste la victoire de Joseph Kabila et s’autoproclame Président de la république, le seul élu légitime. En 2018, c’est au tour de Martin Fayulu Madidi de Lamuka de s’autoproclamer le seul Président de la république élu et légitime jusqu’à ce jour, contre Félix Tshisekedi. Surprenant tout de même qu’au cours de cette 3ème législature de la IIIème République, que les Congolais s’engagent à nouveau sur une pente aussi glissante déjà expérimentée par le passé. KANDOLO M.