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Une vingtaine de journalistes de Kinshasa formés sur la santé reproductive des femmes et des adolescentes
Des professionnels de médias de Kinshasa participent, depuis le lundi 4 juillet, à une session de formation sur la santé reproductive des femmes et des adolescentes. Organisées par le Réseau des journalistes pour la santé sexuelle et reproductive (RJSSR), ces séances pédagogiques portent particulièrement sur la clarification des valeurs et la transformation des attitudes concernant l’avortement, renseigne une dépêche de l’Agence congolaise de presse (ACP).
Au total, une vingtaine de journalistes sont formés, à raison d’une dizaine par jour. Aux dires des organisateurs, tous les participants seront outillés sur le cadre légal de l’avortement et sur la nécessité d’informer le grand public afin qu’ensemble, on soit en mesure de lutter contre la mortalité causée par les interruptions de grossesses.
Intervenant au cours de ces assises, David Kingudi Mungul, membre du comité de suivi du protocole de Maputo, s’est largement appesanti sur le cadre juridique relatif à l’avortement. Inspecteur général adjoint à l’Inspectorat général des services judiciaires, l’orateur a fait remarquer que le protocole de Maputo, tant décrié au départ, autorise à ce jour l’avortement. Mais, juste dans certains cas.
D’après David Kingudi Mungul, la loi autorise l’interruption des grossesses en cas d’inceste, de viol, d’agression sexuelle… Mais aussi dans le cas où la santé de la mère et du fœtus serait menacée.
La deuxième cause de décès en RDC
Réagissant à cet effet, la coordonnatrice du RJSSR a exhorté les professionnels de médias à »briser les barrières ». Pour Bibiche Mbete en effet, »ne pas parler de l’avortement, c’est laisser les gens dans l’ignorance. C’est aussi les laisser continuer à recourir aux avortements clandestins qui mettent en danger la vie et la santé des femmes ».
« A chaque minute en effet, 380 femmes tombent enceintes dans le monde. Curieusement, 190 grossesses sont non désirées. Ce qui pousse 40 femmes à recourir à l’avortement. Et malheureusement, sur cet effectif, une femme meurt de l’interruption volontaire de grossesses « , argumente Dieumerci Missay, le responsable du plaidoyer et du changement social et comportement de Marie Stopes international (MSI).
« Au total, note-t-il, 22 millions de grossesses non désirées sont enregistrées chaque année dans le monde. Elles débouchent généralement sur le décès de 50.000 femmes ». Selon l’étude ESP-PWSR, l’avortement est la deuxième cause de décès en République démocratique du Congo. Comme l’indique une enquête menée en 2016 à Kinshasa, 146.700 cas d’avortements sont répertoriés dans les formations sanitaires locales. Yves KALIKAT