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Tshisekedi et Ndayishimiye réévaluent l'Accord-cadre d'Addis-Abeba à Kinshasa
À trois jours du 12ème sommet du Mécanisme régional de suivi (MRS) de l'Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération en République démocratique du Congo et dans la région, les Présidents Félix Tshisekedi et Évariste Ndayishimiye se sont retrouvés hier dimanche 25 mai à Kinshasa pour une séance de travail à huis clos.
Selon la cellule de communication de la Présidence congolaise, cette rencontre a permis aux deux chefs d'État de passer en revue l'Accord-cadre d'Addis-Abeba, signé en février 2013 par onze pays africains et quatre organisations internationales et régionales, dont l'ONU, l'Union africaine, la CIRGL et la SADC. Cet accord, censé instaurer la paix et stabiliser durablement l'Est de la RDC et la région des Grands Lacs, célèbre cette année ses douze ans.
Le Président burundais, qui assure actuellement la présidence du MRS, a précisé par le biais de sa communication officielle, que ce déplacement à Kinshasa s'inscrit dans le cadre des consultations préalables au sommet de Kampala, prévu le 28 mai prochain, où il transmettra la présidence de ce mécanisme régional.
SECURITE FRAGILE
Si aucune déclaration publique n'a été faite à l'issue de leur entretien, le contexte sécuritaire fragile et les attentes autour de la revitalisation de l'accord ont alimenté les échanges entre les deux dirigeants, connus pour entretenir des relations de coopération étroite.
Douze ans après sa signature, l'Accord-cadre d'Addis-Abeba peine à produire les effets escomptés. Les espoirs nés de ce texte historique se sont progressivement émoussés, face à la persistance des violences et des tensions dans la région.
RELANCE DE L'ECONOMIE
Plusieurs voix, parmi lesquelles celle du Prix Nobel de la paix 2018, le Dr Denis Mukwege, appellent depuis des mois à une relance vigoureuse de cet accord assortie de mécanismes de sanctions effectives contre les acteurs qui en entravent l'application.
Ce plaidoyer avait notamment été réitéré après l'annulation, en décembre dernier, de la tripartite RDC-Rwanda-Angola prévue à Luanda, rappelant la nécessité de s'attaquer aux causes profondes des crises cycliques qui secouent l'Est de la RDC et ses voisins.
À Kampala, les États signataires et partenaires de l'Accord-cadre auront donc la lourde tâche de redonner du souffle à cet engagement collectif, sous le regard inquiet des populations qui aspirent toujours à une paix durable.
Jérémie ASOKO