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Tshisekedi dénonce une dérive de certains princes de l’Eglise
* « Il se fait que parmi vous, il y a malheureusement quelques personnes qui ont pris une tendance dangereuse qui risquerait de diviser notre nation… « , affirme le Chef de l’Etat, s’adressant à l’épiscopat catholique.
« L’Etat et l’Eglise ont l’obligation de collaborer », a répliqué sèchement hier dimanche 25 juin le Président de la République, Félix Tshisekedi, s’exprimant au stade Kashala Bonzola à l’occasion du jubilé d’argent de Bernard Kasanda, évêque du diocèse de Mbuji-Mayi, chef-lieu du Kasaï Oriental.
« Parmi vous, certains ont pris une tendance dangereuse qui pourrait nous diviser; En tant que garant de l’unité de cette nation, je me sens obligé de dire que je n’accepterais jamais une telle dérive« , a poursuivi le Chef de l’Etat, sous les acclamations de l’assistance.
Pour le Président de la République, l’Eglise catholique ne devrait en aucun cas se départir de sa neutralité mais prêcher plutôt l’unité des Congolais.
« L’église doit être au milieu du village. Ici je suis tenté de dire l’église doit être au milieu des Congolais. Elle doit prêcher l’amour, l’unité et l’égalité. L’église doit accompagner toutes les filles et tous les fils de la République qui sont en politique de la même manière; sans distinction aucune, car il y a va de la stabilité de notre cher Pays. Et je sais que vous Monseigneur Utembi , que vous Monseigneur Kasanda vous comprenez cela de la plus belle manière », a-t-il insisté.
Sans ambages, le Président de la République a adressé une mise en garde sévère aux princes de l’Eglise qui mettront en danger la sécurité du pays et sa stabilité.
« En revanche, je m’attaquerai sans hésitation, sans remords à tout Congolais qui mettrait en danger la sécurité et la stabilité de notre Pays. Peu importe ce qu’on en dira, violation de droits de l’homme, privation de liberté ; je n’en démordrais pas; parce que démocrate je suis, démocrate je le resterai. Je n’ai aucune leçon à recevoir de qui que ce soit dans ce domaine. J’ai la charge de protéger et de garantir le bien-être de tous les Congolais« , a-t-il dit haut et fort.
L’amour du Congo et des Congolais
Pour conclure son allocution d’une dizaine de minutes, le Chef de l’Etat réaffirme sa détermination à garder la RD Congo unie et pacifiée. « Je ne reculerai pas devant les menaces et les intimidations en tous genres. J’ai passé quasiment les 3/4 de ma vie à combattre aux côtés d’un grand homme, Étienne Tshisekedi Wa Mulumba d’heureuse mémoire. Cet homme m’a appris l’amour du Congo et des Congolais et donc je ne serai jamais, au grand jamais le fossoyeur du Congo et des Congolais « , a-t-il indiqué.
En milieu de semaine, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), la puissante organisation catholique, avait jugé le processus électoral « mal engagé« .
Ce n’est pas tout. Réunie à Lubumbashi, capitale du Hauit-Katanga, elle avait également déploré « un recul déplorable » des libertés publiques : « répression violente des manifestations de l’opposition« , « restriction de la liberté de mouvement des opposants », « instrumentalisation de la justice« , « arrestations arbitraires« …
On comprend le ton fort employé par le Président pour parler à nos pères spirituels. Depuis sa prise de pouvoir en 2019, les rapports entre la Conférence épiscopale nationale du Congo et l’Etat évoluent en dents de scie.
Si avec le gros de l’épiscopat catholique mené par le Cardinal Ambongo et dans une certaine mesure celui de l’Eglise protestante (ECC), ont des relations quelque peu tendues avec le pouvoir, les autres confessions religieuses, les églises de réveil, les communautés musulmane et Kimbanguiste, principalement sont jugées » Fatshicompatibles ». Didier KEBONGO