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Selon une nouvelle étude menée par Épicentre : La vaccination contre Ebola réduit de 84 % le risque de développer la maladie durant une épidémie
Le risque de développer Ebola diminue de 84 % chez les personnes vaccinées par rapport aux personnes non-vaccinées. C’est ce que révèle une étude menée par Epicentre, branche de Médecins Sans Frontières (MSF) dédiée à l’épidémiologie et la recherche médicale, en collaboration avec l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB) et le ministère de la Santé Publique de la République Démocratique du Congo.
L’étude, financée par MSF, a porté sur le vaccin rVSV”G-ZEBOV-GP. Seul vaccin contre Ebola dont l’utilisation est recommandée par l’OMS pour les personnes à haut risque de contracter la maladie pendant une épidémie, indique un communiqué de MSF, rendu publique vendredi 23 août.
«Cette étude dissipe les incertitudes sur l’efficacité réelle du vaccin/ : il s’agit dela première publication évaluant l’efficacité du vaccin rVSV”G-ZEBOV-GP en dehors d’un essai clinique. Elle a été réalisée pendant la deuxième plus grande épidémie d’Ebola jamais enregistrée», détaille Sophie Meakin, épidémiologiste à Epicentre.
L’étude a montré que la vaccination par le rVSV-ZEBOV conférait une protection élevée contre le développement de la maladie à virus Ebola dès le dixième jour après la vaccination. L’efficacité du vaccin a été estimée en comparant les taux de positivité au test PCR Ebola entre personnes vaccinées et non-vaccinées.
Plus de 300 000 personnes vaccinées
Toutes ces personnes avaient rapporté avoir été en contact avec une personne infectée par le virus Ebola et avaient été soumises à un test PCR permettant de déterminer si elles étaient porteuses de la maladie. Au total, l’analyse a porté sur 309 personnes testées positives à la PCR et 309 personnes montrant des symptômes suspects d’Ebola mais négatives à la PCR.
Il a ainsi pu être établi qu’au bout de dix jours, la vaccination diminue de 84% le risque de développer la maladie. De légères variations ont été observées selon le sexe : le vaccin a montré une efficacité de 80% chez les femmes et de 86% chez les hommes.
Steve Ahuka, Chef du Département de Virologie à l’INRB et Professeur à la Faculté de Médecine de l’Université de Kinshasa, rappelle à cette occasion l’importance de la collecte systématique et rigoureuse de données lors des épidémies, et cela malgré toutes les difficultés que cela représente : «Ce sont des opportunités uniques pour approfondir nos connaissances sur des maladies souvent rares, et ainsi, améliorer la gestion des futures épidémies, développer de nouveaux outils de lutte et déterminer les meilleures stratégies pour les utiliser efficacement».
Pour en arriver à ces résultats, les chercheurs ont porté leurs analyses à partir de données collectées lors de la plus grande épidémie déclarée en RDC au cours de laquelle 3 470 cas et 2 287 décès ont été enregistrés entre 2018 et 2020.
Pour rappel, lors de l’épidémie d’Ebola en RDC, la campagne de vaccination a débuté en août 2018 et a permis de vacciner plus de 300 000 personnes.
Le vaccin s’administre en une seule dose, et est utilisé via une stratégie en anneau qui consiste à vacciner les personnes qui ont été en contact avec une personne chez qui l’infection par le virus Ebola a été confirmée, les contacts de ces contacts et le personnel de santé de première ligne.
Par ailleurs, en février, une autre étude menée par Epicentre avait démontré que la vaccination réduisait également de moitié la mortalité des personnes infectées par Ebola. Elle démontre l’importance de vacciner rapidement les personnes potentiellement exposées au virus Ebola, et ce dès le début des épidémies.
Fyfy Solange TANGAMU