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Samuel Mbemba et les magistrats serrent la vis contre les braquages à Kinshasa
Alors que la criminalité urbaine prend de plus en plus une tournure inquiétante à Kinshasa, avec une recrudescence des braquages et des vols à main armée, le gouvernement resserre les rangs. À cet effet, hier lundi 9 juin, le vice-ministre de la Justice et du Contentieux international, Samuel Mbemba, a réuni les Hauts magistrats en charge des poursuites et des jugements. Une rencontre tenue sur instruction expresse du Président de la République, Félix Tshisekedi, pour répondre à l’urgence sécuritaire qui frappe la capitale.
La réunion intervient dans la foulée du 46ème Conseil des ministres, au cours duquel le Chef de l’État, également Magistrat suprême, a appelé à une riposte ferme et coordonnée contre les violences urbaines. Dans les rangs de la justice, l’heure n’est plus à la complaisance : les consignes sont claires et les mesures, sans équivoque «L’’autorité de l’État doit être rétablie, et la justice»,
Samuel Mbemba a fixé la ligne de conduite il s’agit d’intensifier : les poursuites contre les criminels violents, organiser des audiences foraines publiques pour rapprocher la justice du peuple, et éloigner les condamnés de la capitale en les transférant systématiquement vers des établissements pénitentiaires hors de Kinshasa.
Retablir l'autorité de l'Etat
L’objectif est de rétablir l’autorité de l’État et renforcer la dissuasion.
«La ville de Kinshasa ne deviendra pas une ville de gangs», a martelé le vice-ministre devant la presse, dans une déclaration ferme.
«Autant ils sont sans état d’âme dans leur comportement, autant la justice sera sévère».
Conscient du climat d’anxiété qui gagne les foyers kinois, Samuel Mbemba n’a pas mâché ses mots. Aux magistrats présents, il a rappelé la nécessité de durcir les poursuites à l’égard des auteurs de crimes violents. Il leur a demandé de faire preuve de fermeté dans les jugements, mais aussi de s’ouvrir davantage à la population à travers des audiences foraines, plus visibles, plus proches, et portées par une logique de transparence
«Les magistrats travailleront en toute indépendance, et le ministère de la Justice fera le sien», a-t-il martelé, insistant sur l’engagement à soutenir sans faille l’application rigoureuse de la loi.
Couper les liens entre les criminels et leurs réseaux
L’une des mesures annoncées consiste à transférer systématiquement les condamnés vers des prisons situées en dehors de Kinshasa. L’objectif est de couper les liens entre les criminels condamnés et leurs réseaux potentiels encore actifs dans la capitale. Une stratégie de rupture, qui vise à désorganiser les noyaux de délinquance récurrents.
Mais au-delà du levier judiciaire, le gouvernement appelle à une mobilisation collective. Le message est adressé directement aux Kinois, invités à jouer un rôle actif dans la lutte contre la criminalité.
«Nous appelons chaque citoyen à une vigilance accrue et à dénoncer tout comportement suspect auprès des sous-commissariats, commissariats ou parquets les plus proches», a lancé Samuel Mbemba. Une manière d’impliquer la population dans la prévention et la traque des fauteurs de troubles.
Dans le même souffle, le Vice-Ministre a adressé une mise en garde ferme à ceux qui sèment la terreur dans les quartiers de la capitale.
«Cessez immédiatement. Derrière chaque malfaiteur, il y a une famille, mais la justice, tout comme les criminels dans leurs actes, saura se montrer sans état d’âme. »
Ses propos font écho au dernier événement tragique qui a choqué la ville. Le samedi 7 juin dernier, trois hommes armés ont attaqué un pick-up transportant un ressortissant chinois et son chauffeur congolais. Ce dernier, touché par balle, est mort sur le champ. Les assaillants, eux, se sont volatilisés avec un sac rempli d’argent. Un drame de trop, dans une série qui ne cesse de s’allonger.
Face à ce const, les autorités semblent décidées à changer de cap. La justice se veut désormais plus visible, plus ferme, et résolument du côté des victimes. Car pour Kinshasa, il en va non seulement de la sécurité des citoyens, mais de la survie même de l’autorité de l’État.
Ézéchiel Monteirious MONTEIRO