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Rémunérations des agents publics de l'État : un casse-tête pour le gouvernement
D'année en année, le Trésor public décaisse d'importantes sommes d'argent pour les rémunérations du personnel de l'État qui s'avèrent au-delà des montants dus. Des dérives préjudiciables au bon fonctionnement du pays sont constatées, sans que les auteurs de ce délit soient sanctionnés avec toute la rigueur de la loi.
Pour preuve, selon une enquête du Centre de recherche en finance publique et développement local (CREFDL), près de 19 milliards de dollars américains ont été dépensés en cinq ans (2021-2025) pour la paie des agents publics, ce qui constitue un véritable frein au développement du pays.
À ce propos, le président de la République s'est insurgé dernièrement contre l'explosion de la masse salariale des agents et fonctionnaires de l'État. Nous pouvons conclure que ces dépenses ont dépassé le montant indiqué, qui va au-delà des plafonds prévus par les lois de finances votées pendant les années susmentionnées.
Cependant, l'on ne doit pas se limiter à ce constat amer. Il faut identifier les causes de ces dérives afin d'y mettre définitivement fin. L'enquête menée révèle qu'il existe des failles profondes à la base de cette grave situation : fraudes massives, insuffisance de contrôle, dysfonctionnements administratifs et non- respect des règles budgétaires.
Des irrégularités de paie décelées
Toutes ces failles ont fait que les dépenses de rémunérations ont franchi à plusieurs reprises les plafonds fixés par les différents budgets votés par le Parlement et promulgués par le président de la République. Malheureusement, les députés qui sont l'autorité budgétaire ne s'acquittent pas correctement de leur mission de contrôle. Une fois qu'ils ont voté le projet de loi des finances, ils ne font pas le suivi pour surveiller l'exécution du budget. Par conséquent, les dépassements et les dérives sont les bienvenus. Pourtant, le rôle de contrôle est l'une des principales prérogatives pour lesquelles ils ont été envoyés à l'Assemblée nationale principalement pour cette prérogative.
Au vu de cet imbroglio, il s'avère que la bancarisation des salaires et l'introduction d'un système de gestion informatisé n'ont pas apporté des résultats escomptés.
Le CREFDEL a décelé des irrégularités qui minent le fichier de paie. Des graves anomalies ont été détectées : agents fictifs, doublons de matricules, numéros irréguliers ou attribués plusieurs fois, rémunérations perçues indûment par des personnes déjà rayées de listes des effectifs ou des personnes décédées qui touchent comme si elles étaient actives, ...
En moyenne, l'État a dépensé sur les cinq ans plus de 43% des recettes internes alors qu'il s'était engagé à maintenir ce ratio sous la barre de 35%.
Parmi les causes de tous ces dysfonctionnements, on retient les recrutements désordonnés, l'absence de planification en fonction des besoins réels de l'État, le manque de transparence dans la gestion, la non-application des recommandations issues des audits précédents.
"Aux grands maux, les grands remèdes"
La situation actuelle de la trésorerie nationale étant précaire, il est recommandé au Gouvernement de saisir le taureau par les cornes pour sortir de l'ornière dans laquelle il s'est engouffré. "Aux grands maux, les grands remèdes", il faut une thérapie de choc qui exige, s'il en faut, des mesures impopulaires pour les auteurs de l'imbroglio actuel, mais salvatrices pour le pays.
Quoiqu'il en soit, le ministère de la Fonction publique, gestionnaire attitré de l'ensemble des agents publics est appelé à s'assumer conformément à ses prérogatives régaliennes. Mais vu les faiblesses étalées par ses agents lors des contrôles antérieurs, la situation actuelle est telle qu'il importe que l'audit du fichier de paie soit fait par des auditeurs expérimentés et bien formés, appuyés par les inspecteurs des finances. Les auteurs de cette gabegie, dès lors que leur acte répréhensible est confirmé, devraient être traduits devant les instances judiciaires pour être jugés afin de subir la rigueur de la loi. Dura lex sed lex (la loi est dure mais c'est la loi) comme disent les Romains. Des criminels financiers de ce genre ne méritent aucune circonstance atténuante au regard des préjudices qu'ils causent à la population.
Toutefois, le Gouvernement devrait savoir que dans cette situation les premiers suspects se trouvent à l'intérieur de l'administration, notamment les hauts cadres qui facilitent les recrutements fantaisistes et les mécanisations frauduleuses. Certains syndicalistes, au lieu d'aider le Gouvernement à mettre fin à ce désordre, sont entrés dans le sale jeu des maffieux pour tirer parti en bénéficiant des dividendes dus à l'opération retour, qui consiste à toucher les salaires de trois premiers mois des nouveaux mécanisés. Voilà où nous conduit la corruption à grande échelle qui gangrène le pays, favorisée notamment par une impunité devenue aussi indéniable. Seule une répression implacable contre leurs auteurs peut dissuader tous ceux qui seraient tentés de s'adonner à ces mauvaises pratiques.
Muke MUKE