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RDC : l’Intersyndicale nationale dénonce un projet de décret salarial
L’Intersyndicale nationale du Congo a dénoncé mardi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, un projet de décret sur la tension salariale porté par le ministre de l’Emploi et Travail sans concertation préalable avec les partenaires sociaux, dans un entretien à l’ACP.
«L’Intersyndicale nationale du Congo s’étonne que ce soient les ministres ayant l’Emploi et Travail dans leurs attributions qui, sans concertation préalable au niveau de la tripartite, prennent un projet de décret et l’amènent au Conseil des ministres pour validation», a déclaré Fidel Kiyangi, président syndical.
Les syndicalistes estiment que toute question liée aux salaires, au SMIG et aux conditions des travailleurs doit impérativement être discutée dans le cadre du Conseil national du travail (CNT), avant toute décision gouvernementale.
«Les problèmes concernant les salaires, les SMIC et tout ce qui touche à la vie des travailleurs congolais se règlent au niveau du CNT. Nous venons justement du Conseil national du travail où les ministres ont été présents et valablement représentés», a-t-il ajouté.
Selon cette plateforme syndicale, une telle démarche constituerait une violation des conventions internationales ratifiées par la République démocratique du Congo, notamment les conventions 87 et 98 de l’Organisation internationale du travail (OIT) relatives à la liberté syndicale et aux négociations collectives.
«Si un décret venait par malheur d’être pris, nous n’aurons que l’OIT. La plainte sera immédiatement déposée, quel qu’en soit le prix pour le pays», a dit le responsable syndical.
Les syndicats dénoncent également des interférences présumées du ministre du Travail dans les mandats des délégués syndicaux de certaines entreprises publiques, notamment à l’ONATRA et à l’OGEFREM, où des autorisations d’organisation de nouvelles élections syndicales auraient été accordées alors que les représentants actuels sont encore sous mandat légal.
Pour les responsables syndicaux, ces initiatives risquent d’aggraver les tensions sociales dans déjà en difficulté économiques et la baisse du pouvoir d’achat des travailleurs congolais.
«Si on ose prendre un décret portant modification ou fixation d’une nouvelle tension salariale, la rue nous attend», a-t-il prévenu.
L’Intersyndicale appelle ainsi la Première ministre et le président Félix Tshisekedi à intervenir afin de préserver le dialogue social et éviter une crise entre le gouvernement et les travailleurs.
Plusieurs organisations syndicales réclament depuis des mois l’amélioration des conditions salariales des agents publics et la revalorisation du SMIG face à la hausse continue du coût de la vie en RDC.
Lors des précédentes assises du Conseil national du travail, gouvernement, employeurs et syndicats n’avaient pas réussi à trouver un consensus sur plusieurs questions liées à la nouvelle politique salariale. ACP