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RDC : la santé mentale des ex-combattants au centre d'un protocole de collaboration
Le renforcement de l'intégration de la santé mentale et du soutien psychosocial dans les mécanismes nationaux de réintégration, de cohésion sociale et de stabilisation des communautés affectées par les conflits armés, tel est l'objectif principal de la signature d'un protocole de collaboration entre le Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (P-DDRCS) et la Fondation Mosungi, le vendredi 05 juin à Kinshasa en présence de plusieurs autorités dont la vice-ministre de l'Intérieur et Sécurité.
Lors de cette cérémonie, le Coordonnateur national du P-DDRCS, le Professeur Jean de Dieu Désiré Ntanga Ntita, a souligné que la paix durable ne saurait être réduite à la seule cessation des hostilités ou à la reconstruction économique.
"La paix durable se construit d'abord à travers les femmes et les hommes. Elle se construit dans les communautés. Elle se construit dans la capacité des individus à retrouver confiance, dignité, équilibre et perspectives d'avenir", a-t-il déclaré.
Rappelant les profondes séquelles laissées par les décennies de conflits armés, de déplacements forcés et de violences communautaires en République démocratique du Congo, le Coordonnateur national a insisté sur la nécessité d'intégrer pleinement les dimensions psychologiques et sociales dans les stratégies de stabilisation.
Il est convaincu qu'"un ex-combattant réintégré sans accompagnement psychosocial demeure exposé aux risques de rechute, tandis qu'une communauté traumatisée reste vulnérable aux tensions et aux violences".
Puis, le numéro 1 du P-DDRCS a affirmé que " la santé mentale et l'assistance psychosociale constituent aujourd'hui des leviers stratégiques de prévention des violences, de consolidation de la cohésion sociale et de construction de la paix ".
Pour sa part, le Président de la Fondation Mosungi, Alexis Indenge, a qualifié la signature de cet accord "d'acte fondateur" appelé à transformer durablement l'approche de la réintégration et de la consolidation de la paix en RDC.
" La signature de ce protocole d'accord n'est pas un acte administratif ordinaire. C'est un acte fondateur. Nous posons ensemble les bases d'une réponse cohérente au niveau national ", a-t-il indiqué.
Pour ce responsable, " les processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion ne peuvent atteindre leurs objectifs sans une prise en charge effective des traumatismes psychologiques. On désarme, on démobilise, on réinsère, mais on oublie souvent de soigner l'âme. On ne construit pas la paix avec des esprits et des âmes traumatisés ".
Pour conclure, il a fait savoir que " la paix se gagne dans les esprits et dans les cœurs. Investir dans la santé mentale, c'est investir dans la paix. Un ex-combattant non pris en charge sur le plan psychosocial représente un risque de rechute, tandis qu'une communauté en souffrance psychosociale demeure une communauté fragile ".
Mathy MUSAU