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Quel genre de précampagne axée sur le « genre »?
Quel genre de précampagne électorale où le mot « genre » est mangé à toutes les sauces? Un mot que le pays légal a même institutionnalisé en faisant de l’ex- département de la Condition féminine et famille, ministère du … Genre, Famille et Enfant.
Le terme « genre » n’est donc pas une infraction qui se serait introduite dans le lexique rd congolais par effraction. Dépassant l’essence et le sens grammatical, ce mot qui fait très tendance, recouvre aujourd’hui l’égalité, la mixité et surtout la parité homme- femme. D’où vient alors que l’on se mette à éviter un concept que l’on a invité le plus officiellement du monde?
Sans se faire l’avocat du Dr Mukwege, on peut supposer qu’en homme genré, le célèbre « réparateur des femmes » a visiblement utilisé ce terme qui dans sa noble acception égalitaire et paritaire entre les êtres humains. D’ailleurs au pays du « champion de la masculinité positive« , le mot genre pris sous cet angle ne devait pas donner lieu à la logomachie ambiante.
Chrétien protestant pratiquant, on imagine difficilement le pentecôtiste Mukwege faire la promotion des pratiques sexuelles qui énervent et les commandements de Dieu et les valeurs africaines.
Apres cette instruction à décharge, le hic tout de même. A moins qu’il ne soit comme Monsieur Jourdain qui faisait de la prise sans le savoir, le Dr Mukwege devrait savoir qu’en se lançant en politique, rien ne lui sera épargné. Il devrait apprendre à tourner sept fois sa langue avant de parler. En politique plus qu’ailleurs, ce qu’on dit dépend de ce que l’auditoire entend.
Par conséquent, si réparer les femmes pour un toubib de l’envergure de Mukwege est chose relativement aisée, choisir les mots et les expressions à utiliser en politique est un exercice délicat.
En l’occurrence, un terme comme « genre » est polysémique et donc peut être instrumentalisé pour intenter un procès en prosélytisme « LGBT » – homosexualité – contre celui qui l’utilise.
C’est ce qui arrive à la lisière de cette campagne électorale au candidat président Mukwege.
Comment « réparer » ce couac de communication avant de rêver de « réparer » la RDC ?
Ironie du sort, notre Fatshi national, qui tacle opportunément le non moins Mukwege national et même international- Nobel de la paix oblige -, y était allé de son « le pays est déjà mort depuis longtemps« . Pour le coup, le gynécologue Mukwege est plus modéré dans son diagnostic que … le médecin légiste Félix- Antoine Tshisekedi.
Par- delà ces procès à charge et à décharge, ce que le souverain primaire attend, ce sont des perspectives claires en terme de programme à l’aune de la sempiternelle et proverbiale misère qui enserre depuis des décennies le plus grand nombre. Par rapport à cet enjeu trivialement existentiel, les Congolais sont en droit de se demander: » quel genre de discours faut- il tenir pour » réparer » une précampagne électorale qui vole si bas? In fine, quel genre de président de la République pour sortir la RDC de la précarité? Ce genre de questions vaut mille fois mieux que la querelle autour du « genre« . José NAWEJ