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Procès Force du progrès: fin de l’instruction, les plaidoiries s’ouvrent ce jeudi
Le procès concernant une tentative d’attaque de la résidence de l’ancien président Joseph Kabila et le déguerpissement forcé à l’immeuble Kamul Inter ou Blue development pour les uns, est entré dans sa phase décisive. En effet, le tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe, siégeant en matière de flagrance à l’inspection provinciale de la Police, a clôturé hier l’instruction de l’affaire, ouvrant la voie aux plaidoiries qui débuteront ce jeudi.
L’audience qui a marqué la fin de l’instruction a été riche en déclarations et en témoignages. Invités dans le box, les quelques prévenus qui n’ont pas été interrogés par le tribunal, ont nié leur présence à l’immeuble Kamul, certains avançant être en famille, malade ou au travail au moment de l’assaut.
Cependant, ils ont tous été arrêtés par la police soit au siège de leur structure ou à proximité de cet endroit selon leur propre témoignage. Par ailleurs, ils ont également confirmé leur appartenance à la «Force du progrès», une structure affiliée à l’UDPS.
Un moment fort de l’audience a été le témoignage du Commandant Delphin Kingombe, responsable de l’équipe de la Légion Nationale d’Intervention chargée de l’opération de déguerpissement. Il a décrit les événements du jour de manière détaillée, expliquant que l’opération avait débuté sans encombre avant de dégénérer lorsque des officiers de police sont intervenus pour l’interrompre.
Lors de son audition devant le tribunal, le commandant a réaffirmé la version des faits initialement présentée par le ministère public. Il maintient que Kamul a effectivement opposé une résistance à l’huissier de justice chargé d’exécuter l’arrêt de déguerpissement. Cette déclaration vient directement contredire les dénégations précédentes de Kamul.
Le prévenu Kabamba Mulumba est actuellement poursuivi pour rébellion, une accusation qu’il avait jusqu’à présent fermement niée. Ce témoignage du commandant de la LNI pourrait donc s’avérer crucial pour l’issue du procès.
Avocats Maman Olive
Au cours de cette audience, les avocats de Marie-Olive Lembe Kabila, épouse de l’ancien président, ont apporté de nouveaux éléments à charge lors de leur comparution. Ils ont notamment cité une vidéo dans laquelle Kennedy Ngandu Ngandu, alias «Anti-balle», un des leaders présumés du groupe, a déclaré son intention de mener une opération de déguerpissement chez les Kabila, affirmant qu’«un opposant n’a pas droit d’habiter Gombe».
Selon le conseil de Mme Kabila, après avoir quitté l’immeuble Kamul, Kennedy et son groupe avaient pour objectif de passer à l’acte le jour même de l’incident. L’avocat a souligné que Marie-Olive Lembe Kabila comparaît en tant que citoyenne congolaise victime, insistant sur le fait que cette affaire n’a «rien à voir avec la politique».
Des accusations plus graves ont également été portées contre deux prévenus arrêtés devant la résidence Kabila, connue sous le nom de GLM. Ils auraient eu pour mission d’incendier des biens privés, notamment des voitures, à l’aide de cocktails Molotov. Ces accusations suggèrent une planification préméditée et une intention de causer des dommages importants, allant au-delà d’une simple manifestation ou d’un déguerpissement forcé. Ces derniers ont été catégoriquement rejetés par les accusés.
Charges retenues et suites de l’affaire
Au total, soixante-cinq personnes sont poursuivies dans cette affaire pour des actes de violence, de tentative de déguerpissement forcé et d’attaque contre la résidence de Joseph Kabila. Les charges retenues incluent l’association de malfaiteurs, le vol, la destruction de biens et la tentative de meurtre.
Prochaines étapes : Les plaidoiries
Avec la clôture de l’instruction, les plaidoiries débuteront ce jeudi et donneront l’occasion aux différentes parties de présenter leurs arguments. Les parties civiles auront également l’opportunité de s’exprimer et de demander justice pour les préjudices subis.
Christian-Timothée MAMPUYA