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Patrick Muyaya : «La démocratie nous autorise à nous opposer, mais la patrie nous interdit de nous déchirer»
Ministre de la Communication et Médias de la République démocratique du Congo, Patrick Muyaya, a réagi lors du briefing presse d'hier mardi 15 septembre à l'issue de la marche organisée par une partie de l’opposition à Kinshasa. Tout en reconnaissant le droit de manifester dans une démocratie, il a dénoncé la diffusion de «faux communiqués» et appelé les acteurs politiques à préserver la paix et le fonctionnement normal des activités dans le pays.
Pour Patrick Muyaya, la liberté d’expression et de manifestation doit s’exercer dans le respect de l’ordre public et des droits des autres citoyens. Le Gouvernement, a-t-il expliqué, a également la responsabilité d’assurer la sécurité des manifestants comme celle de la population qui ne prend pas part aux rassemblements.
Le porte-parole du Gouvernement s’est particulièrement insurgé contre les messages diffusés avant la marche, faisant état d’une interruption des activités scolaires. Il a qualifié ces communications de «mensongères» et de nature à susciter inutilement la peur chez les parents.
«IL NE FAUT PAS PARALYSER LA VILLE !»
«Il ne faudrait pas toucher à un point essentiel comme l’éducation des enfants», a-t-il insisté, estimant que les divergences politiques ne devraient pas conduire à instrumentaliser des secteurs aussi sensibles.
Revenant sur le déroulement de la journée, Patrick Muyaya a relevé que plusieurs activités institutionnelles se sont normalement tenues, notamment l’ouverture de la rentrée parlementaire à l’Assemblée nationale et au Sénat. Il a fait également référence aux travaux liés au budget.
Le ministre a ainsi défendu l’idée qu’une mobilisation politique ne doit pas nécessairement entraîner l’arrêt des activités de la capitale. «Il ne faudrait pas penser que, pour que votre message politique puisse être capté, il faut paralyser la ville», a-t-il estimé.
Patrick Muyaya a, par ailleurs, salué le comportement des forces de l’ordre, estimant que la police avait fait preuve de professionnalisme malgré, selon lui, des provocations enregistrées au cours de la manifestation.
Il a indiqué que les incidents signalés feraient l’objet d’un rapport permettant d’établir les responsabilités et de préciser les circonstances.
APPEL A PRÉSERVER LA PAIX
Au-delà des incidents liés à la marche, le ministre appelle les différents acteurs politiques à s’inscrire dans la dynamique du dialogue national, initiée par le président Félix Tshisekedi dans son discours du 27 août.
Il a évoqué notamment l’ordonnance publiée dimanche, présentée comme une étape supplémentaire dans la mise en place de ce processus.
Pour le porte-parole du Gouvernement, cette démarche doit permettre de privilégier la recherche de solutions politiques plutôt que l’affrontement dans la rue.
Dans sa réplique, Patrick Muyaya brandit l’un des messages forts du chef de l’État : «La démocratie nous autorise à nous opposer, mais la patrie nous interdit de nous déchirer».
Le ministre appelle, en définitive, les acteurs politiques, les médias et l’ensemble des citoyens à préserver la paix, les activités économiques et sociales ainsi que la sécurité des populations, particulièrement celle des enfants et des policiers, malgré les divergences politiques.
Pour le Gouvernement, l’enjeu est désormais de faire vivre le débat démocratique sans que celui-ci ne se transforme en facteur de paralysie ou de confrontation dans les rues de Kinshasa.
Jérémie ASOKO