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Pas facile de retrouver le sépulcre de ses proches même au cimetière de la Gombe
Le traditionnel rendez-vous des cimetières, le 1er août de chaque année, a été bien respecté hier lundi, à Kinshasa. Des familles ont pris d’assaut les cimetières de la capitale pour nettoyer, mettre un peu de la peinture et orner les tombeaux de leurs proches décédés. Mais, l’anarchie manifeste dans la distribution des caveaux empêchent de nombreuses autres familles de retrouver les sépulcres de leurs proches, comme au cimetière de la Gombe.
Défrichage des herbes entre des tombeaux exigus, balayage, dépôt de gerbes de fleur, rafraichissement de la couleur, telles sont des scènes que l’on pouvait observer çà et là, en sillonnant le cimetière de la Gombe, tôt le matin jusqu’aux environs de 14 heures. Ces actes d’amour, de compassion et de reconnaissance aux proches disparus ont été posés par des familles venues en nombre, mais aussi par certains membres des organisations non gouvernementales qui se sont souvenus de leurs.
Difficile de retrouver certains tombeaux
Plusieurs familles ont éprouvé de difficultés pour retrouver les tombeaux de leurs parents disparus. La faute incombe à une mauvaise administration de lieu, mais aussi à l’anarchie due à la distribution de lieu de sépulcre.
» Nous avons fait plus d’une heure à sillonner tout le cimetière pour retrouver enfin le tombeau de notre cher tante disparue il y a plus de dix ans. Quand on l’a enterrée, il y avait encore un mur ici qui séparait l’ancien et le nouveau cimetière. Maintenant, ce mur n’existe plus et beaucoup de corps ont été enterrés après nous. Même les agents du cimetière ont du mal à repérer. Ce qui nous a mis en difficulté« , rapporte Papa Georges Makenga, frère de la défunte.
Il y a même des tombeaux qui ont complètement disparu, confie un agent du cimetière. » Certaines familles sont rentrées sans rendre hommage à leurs parents décédés parce qu’ayant fait des heures et des heures à chercher, sans trouver le moindre repère « , a-t-il poursuivi.
L’entretien aussi de ce cimetière, officiellement fermé, pose problème. A certains endroits, les ouvriers de cette nécropole ont brûlé des herbes pour chasser les abeilles et autres insectes dangereuses ayant élu domicile dans ce cimetière.
Un véritable lieu de négoce
A côté de ces hommages rendus aux morts, les commerçants de circonstance font les affaires. On y retrouve presque tout. Le grillage de morceaux de bœuf suspendus dans des tiges, des poissons et de cuisses de poulet fumés, qu’on peut accompagner d’un morceau de chikwange et d’une portion de banane plantain.
Le gros des affaires est mené par des fleuristes et des nettoyeurs. Un bouquet de fleurs se négocie entre 10.000 et 25.000 FC, alors que le service de nettoyage oscille entre 3.000 FC selon la superficie du tombeau.
La plupart de personnes interrogées sur ce lieu ont plaidé pour une bonne urbanisation des cimetières pour que dans de pareils jours, ceux qui viennent rendre visite aux morts, les retrouvent sans beaucoup de difficultés, mais aussi qu’ils puissent circuler avec beaucoup d’aisances, en tenant compte de respect des morts et non en circulant sur des tombeaux, par manque d’allées aménagées. Rocco NKANGA