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" Papa likelemba akufi. Tolela mbongo to tolela papa likelemba ? "
" Papa likelemba akufi. Tolela mbongo to tolela papa likelemba ? ", traduisez par ''Le papa de la tontine meurt. Allons-nous pleurer l'argent ou le papa de la tontine ?'' Je m'incline devant l'intelligence cachée derrière ce message, cette parole de la rue ! Tout l'enjeu se situe au centre de l'interrogation introduisant le dilemme devant lequel se trouve l'interlocuteur anonyme.
Le grand enjeu de la tontine est l'argent que les membres collecte et qui est remis, chaque semaine, chaque mois - selon l'organisation de ses membres - à l'un d'eux ou parfois à deux ou trois à la fois, à tour de rôle. Il n'y a pas que cet enjeu.
L'autre enjeu, c'est la personne désignée parmi les membres épargnants pour être responsable de la tontine, en vue d'en assurer le fonctionnement : collecter l'argent, en assurer la distribution (remise)… Cette personne peut être soit un homme, mais le plus souvent une femme. Dans ce cas, on l'appellera ''mama likelemba''.
Et en matière d'argent, il est aisé de bien comprendre alors l'importance d'avoir "un papa likelemba'' honnête, juste…
La problématique posée avec la question contenue dans cette communication relève d'une alternative dont le choix de la proposition à adopter met en demeure les épargnants.
Pour bien mesurer l'ampleur du choix d'une des propositions à adopter concernant le dilemme dans lequel l'auteur anonyme nous place, il importe de souligner le fait que, pour un ''likelemba'' d'une dizaine de membres, par exemple, ceux qui doivent bénéficier d'avoir leur part en dernier, ont souvent l'habitude de s'impatienter. Si bien que, par rapport à la problématique posée dans ledit message, on est en droit de s'interroger sur la marche à suivre en cas de la mort du ''papa de la tontine''.
Faudra-t-il pleurer l'argent parti avec "le papa likelemba'' mort ou celui-ci même? Quelle que soit l'option à prendre, il est évident que la disparition de celui qui s'occupait du bon fonctionnement de la tontine affectera ses membres dans leur ensemble, mais particulièrement ceux à qui il devrait rendre compte, puisque n'ayant pas encore été servis.
Cependant, c'est pour leur quote-part qu'ils n'auraient pas encore retiré qu'ils verseraient beaucoup plus de larmes ! Des larmes qui ne vont pas couler dans la même proportion si le défunt a pris toutes les dispositions, avant de tirer sa révérence, de laisser tous les comptes, par exemple, à l'un de ses proches.
En ce moment, il bénéficiera de toute la compassion bien larmoyante des membres de la tontine. Car, il aura bien rempli sa tâche.
Kléber KUNGU