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UNIVERSITÉS EN ZONES DE CONFLIT, Kinshasa ordonne l'accueil des étudiants de Goma et de Bukavu dans les établissements hors zones affectées
Le Gouvernement congolais prend des mesures pour éviter que la crise sécuritaire dans l'Est du pays ne brise le parcours académique de milliers d'étudiants.
Dans une note circulaire datée du 21 août 2026, la ministre de l'Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et des Innovations, Sombo Ayanne Safi Mukuna Marie-Thérèse, appelle les établissements d'enseignement supérieur et universitaire situés dans les zones épargnées par les conflits à faciliter l'accueil et l'intégration des étudiants provenant des zones affectées.
Cette mesure intervient après la suspension des activités académiques dans plusieurs établissements d'enseignement supérieur et universitaire des villes de Goma et Bukavu, ainsi que dans certaines parties des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, en raison de la situation sécuritaire difficile.
À travers cette circulaire, le ministère veut empêcher que les étudiants dont les études ont été perturbées par les conflits ne voient leurs années académiques compromises.
LES ÉTUDIANTS EN MÉDECINE, UNE PLACE PARTICULIÈRE
Les chefs d'établissements situés dans les zones non affectées sont ainsi invités à prendre toutes les dispositions nécessaires afin de permettre l'accueil et l'intégration académique des étudiants régulièrement inscrits dans les établissements touchés par les conflits. Ces derniers devront notamment présenter les documents permettant d'établir leur situation académique.
L'objectif affiché est clair : faire en sorte que les circonstances exceptionnelles liées à la guerre ne deviennent pas un obstacle définitif à la poursuite des études.
Parmi les bénéficiaires de cette mesure, les étudiants inscrits dans les facultés de médecine occupent une place particulière.
La ministre demande aux établissements organisant les filières médicales de faciliter leur accueil, notamment afin de leur permettre de poursuivre normalement leur cursus et, pour les finalistes, de participer aux différentes opérations de jury, dans le respect des exigences académiques et réglementaires.
Une disposition qui revêt une importance particulière dans un contexte où le pays fait face à d'importants besoins en personnel médical, particulièrement dans les provinces touchées par les conflits.
FAIRE PREUVE DE SOUPLESSE
Le ministère demande également aux établissements d'enseignement supérieur de mettre en place des modalités administratives adaptées permettant de vérifier les parcours académiques des étudiants concernés.
La circulaire insiste sur le fait que les circonstances exceptionnelles provoquées par les conflits ne doivent pas constituer des obstacles à la poursuite ou à l'achèvement des études. Les universités sont ainsi appelées à faire preuve de souplesse.
Cette décision constitue donc une tentative de réponse institutionnelle à une conséquence souvent moins visible des conflits armés : l'interruption de la formation de toute une génération d'étudiants.
Par cette mesure, le ministère de l'Enseignement supérieur entend ainsi préserver la continuité académique et offrir une seconde chance aux étudiants contraints de quitter leurs établissements en raison de l'insécurité.
La guerre peut fermer temporairement les portes d'une université, mais, pour le Gouvernement, elle ne devrait pas fermer définitivement celles de l'avenir académique des étudiants.
César IPOKA
