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Nouvelles attaques meurtrières de l'armée rwandaise : Les FARDC dénoncent un crime odieux sur l'axe Kamanyola-Uvira
Depuis la signature de l’accord de paix de Washington, le 4 décembre, la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo s’est brusquement dégradée. Alors que la communauté internationale saluait un pas important vers la fin des hostilités entre la RDC et le Rwanda, de nouveaux bombardements ont été signalés sur les localités congolaises proches de la frontière. D’après l’état-major général des FARDC, ces attaques proviennent de la région de Bugarama, au Rwanda, et ciblent les zones densément peuplées situées sur l’axe Kamanyola–Uvira, dans la plaine de la Ruzizi.
Dans un communiqué publié le 6 décembre, les Forces armées de la RDC dénoncent une escalade militaire menée par l’armée rwandaise et ses supplétifs de l'AFC/M23. Les tirs d’artillerie, multipliés depuis la veille de la signature de l’accord, ont frappé plusieurs quartiers civils, semant la panique au sein des populations locales. Pour les FARDC, ces attaques traduisent clairement une volonté de torpiller les efforts de paix consentis devant les témoins internationaux à Washington.
La situation, décrite comme «grave» et «odieuse», a coûté la vie à plusieurs civils congolais. Parmi les victimes, on compte des familles entières touchées alors qu’elles se trouvaient dans leurs habitations. Des enfants et des femmes figurent également parmi les morts et les blessés, conséquence directe de ce que l’armée congolaise qualifie de «barbarie rwandaise» et de «l’appétit criminel» de l'AFC/M23. Les survivants, terrorisés, ont commencé à se déplacer massivement pour fuir les zones ciblées.
Plusieurs écoles, centres de santé, maisons d'habitation entièrement détruits
Outre les pertes humaines, les bombardements ont provoqué de lourds dégâts matériels. Plusieurs écoles, centres de santé et maisons d’habitation ont été entièrement détruits ou gravement endommagés. Ces attaques sur des infrastructures civiles essentielles sont, selon les FARDC, la preuve d’une stratégie délibérée destinée à déstabiliser la population congolaise et à renforcer la pression armée dans la région.
L’état-major général des FARDC souligne que ces actes constituent clairement des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Les faits démontrent, précise le communiqué, «la posture de Kigali déterminé à narguer la communauté internationale» malgré ses engagements récents. Les autorités militaires accusent le Rwanda de vouloir saboter tout processus de paix, juste après avoir officiellement accepté les engagements pris devant les partenaires internationaux.
Pour les forces congolaises, cette situation marque une nouvelle violation flagrante des accords et un mépris total des vies humaines. Les FARDC parlent d’un «énième pogrom» commis contre les citoyens congolais, perpétré, selon elles, par des groupes armés opérant avec la bénédiction de Kigali. Ces violences répétées témoignent de la fragilité de la région et de la persistance d’un climat d’insécurité extrême malgré les engagements diplomatiques récents.
Dans leur message, les FARDC réaffirment leur détermination à protéger la population et à défendre l’intégrité territoriale de la RDC. L’armée congolaise assure qu’elle poursuivra ses efforts pour faire échec aux velléités agressives et criminelles attribuées au Rwanda et ses supplétifs AFC et M23. Elle affirme être prête à «se battre jusqu’au sacrifice suprême» pour empêcher l’extension de ces violences.
Enfin, le porte-parole des FARDC, le général-major Ekenge Bomusa Efomi Sylvain, appelle la communauté internationale à prendre ses responsabilités face à cette nouvelle escalade. Il invite les partenaires diplomatiques, les organisations régionales et les Nations unies à constater la gravité des faits et à agir pour empêcher un embrasement encore plus large dans la région des Grands Lacs. Pendant ce temps, les populations de la Ruzizi restent dans la peur et l’incertitude, espérant que les engagements de paix ne soient pas définitivement compromis.
Pascal NDUYIRI