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MSF appelle à plus d’implication et de moyens dans la lutte contre le choléra
Médecins Sans Frontières (MSF) a tenu une conférence de presse, hier mercredi 22 octobre, afin d’échanger avec les professionnels de médias sur la situation du choléra en RDC. Avec plus de 58.000 cas suspects enregistrés en seulement neuf mois, selon le ministère de la Santé publique. MSF tire la sonnette d’alarme pour une action coordonnée pour garantir la fourniture rapide de soins médicaux, notamment la disponibilité des vaccins, un accès sans entrave et des investissements durables dans l’accès à l’eau potable et à l’assainissement.
«La rapide propagation de l’épidémie à travers le pays cette année nous préoccupe particulièrement, surtout lors de la saison des pluies. Nous redoutons de nouvelles flambées si des mesures urgentes ne sont pas prises», a indiqué le docteur Jean-Gilbert Ndong, coordonnateur médical de MSF en RDC.
Vingt des 26 provinces du pays sont désormais touchées, fait savoir MSF. De janvier à mi-octobre, plus de 1.700 décès ont été enregistrés, avec un taux de létalité dépassant 3.0 %. «La situation ne cesse de s’aggraver, continuant de gagner de nouvelles zones de santé, y compris des provinces jusque-là non endémiques au choléra», a souligné Jean-Gilbert Ndong.
Plusieurs causes alimentent de vastes flambées
Le médecin précise que les inondations, les conflits, les déplacements et l’insuffisance des systèmes d’assainissement et d’approvisionnement en eau potable ont contribué à alimenter de vastes flambées.
Depuis janvier 2025, Médecins Sans Frontières (MSF) a intensifié sa riposte contre la maladie dans plusieurs provinces du pays, dont le Nord-Kivu et Sud-Kivu, le Maniema, le Sankuru, la Tshopo, l’Equateur…
«À ce stade critique, seule une mobilisation générale permettra de contenir la maladie sur le terrain et de freiner l’expansion alarmante des foyers épidémiques», a expliqué le Dr Ndong.
Dans leur accompagnement au gouvernement congolais dans la lutte contre le choléra, les équipes MSF se heurtent à des obstacles majeurs notamment le financement insuffisant par le gouvernement congolais. La présence limitée d’acteurs humanitaires et le manque de coordination dans le mécanisme d’intervention d’urgence. De plus, la faiblesse des systèmes de surveillance et d’identification de cas suspects, le manque de personnel médical et de fournitures, ainsi que la distribution limitée de vaccins, compromettent encore davantage la mise en œuvre d’une réponse rapide, efficace et durable.
Pour le coordonnateur médical de MSF en RDC, si la maladie est prise en charge à temps les chances de guérison sont élevées.
«Le choléra est une infection bactérienne hautement contagieuse qui, sans traitement, peut être rapidement mortelle – pourtant traitable et évitable». Il a par ailleurs rappelé les causes de sa propagation. Le choléra se propage facilement à cause des mauvaises conditions d’hygiène, un accès insuffisant à l’eau potable et le manque d’assainissement.
«Le choléra doit être placé au cœur des priorités au niveau national en tant que menace majeure pour la santé publique en RDC», a insisté le coordonnateur médical de MSF en RDC.
Fyfy Solange TANGAMU