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Moïse Moni Della : quand Trump fait allusion à Savimbi devant Kagame et Tshisekedi
Un pays n'a pas d'amis, que des intérêts. Il est incontestable que Trump et son pays ont des intérêts politiques, économiques, stratégiques en République démocratique du Congo.
En imposant la signature de l'accord de paix le 4 décembre entre la RDC et le Rwanda, le président américain cherche à tirer tous les dividendes de cet accord. À titre personnel, il tient à tout prix à obtenir le prix Nobel de la paix pour avoir mis fin à un conflit de plus de 30 ans. Si cet accord échoue, c'est son prestige et celui de son pays, superpuissance mondiale, qui vont recevoir un coup.
Le président rwandais, qui a mille fois montré sa mauvaise foi dans la résolution de ce conflit et qui a même évoqué à demi-mot l'éventuel échec de l'accord lors de son discours, court un grand risque. Le scénario de la fin de la guerre d'Angola avec l'ancien rebelle Savimbi, zigouillé sans remords pour avoir refusé l'application de l'accord de paix, le lui a été rappelé par Donald Trump à la Maison Blanche, sans citer nommément Savimbi. Pour rappel, ce chef rebelle était un grand allié des États-Unis.
Le président rwandais est donc averti : s'il s'obstine à refuser l'application de l'accord de paix, il court un grand risque. Les exemples abondent pour montrer qu'il y a une logique implacable qui liquide ou écarte tout dirigeant qui ne respecte pas l'ordre établi par les grandes puissances. On peut citer Patrice Lumumba, Thomas Sankara, Mouammar Kadhafi, Laurent-Désiré Kabila, Hissène Habré... Même Joseph Kabila l'a échappé belle suite à l'accord sur le contrat minier.
Le président du Rwanda, Paul Kagame, est ainsi averti. Tenant compte de cette logique, je crains sur la vie du président du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traore et le président malien, le colonel Assimi Goita qui disent non à l'Occident.
Certains analystes naïfs veulent comparer le Rwanda à Israël en disant que "plusieurs fois, elle a refusé d'appliquer les accords et autres résolutions de l'Onu sans que leurs dirigeants ne soient inquiétés". Ces analyses à deux balles ne tiennent pas compte de la réalité en relation internationale régit par le rapport de forces.
Eu égard à ma compréhension des enjeux et du prestige du président des États-Unis d'Amérique, le 4 décembre 2025 à Washington, il a sifflé la fin du conflit armé entre la RDC et le Rwanda. Tout celui qui va boycotter cet accord, le trouvera sur son chemin. À bon entendeur, salut ! Après, il va laisser à Faure GNYASSIGBE le soin d'assurer le service après-vente au Togo comme c'est la volonté de l'Onu. Dans une certaine mesure, ce rôle sera indirectement laissé à la Cenco et à l'ECC.
Ce qui se passe ailleurs se passe en RDC, mais ce qui se passe en Rdc ne se passe nulle part au monde.
Moise Moni Della
-Co-fondateur historique de l'Udps
-Vice-ministre honoraire de la presse et de l'information
- Président du Conade