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"Moïse Katumbi est un homme de paix", assurent des cadres d'Ensemble, auditionnés hier au ministère de l'Intérieur
Le vice Premier ministre chargé de l'Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, a reçu le mardi 19 août, les représentants du parti Ensemble pour la République, de Moïse Katumbi, convoqués afin de s'expliquer sur des allégations relayées par un récent rapport du Groupe d'experts des Nations unies.
Le rapport en question, daté du 3 juillet dernier et adressé au Conseil de sécurité, évoque parmi d'autres sujets des liens présumés entre certaines personnalités politiques congolaises et le mouvement rebelle AFC/M23, actif dans l'Est du pays. Le document des experts onusiens a relancé une série d'interrogations et de réactions au sein de la classe politique congolaise.
Face à ces allégations, la délégation d'Ensemble pour la République a rejeté toute implication. Les cadres du parti ont affirmé n'avoir pas été informés au préalable de l'existence, puis de la publication, d'un tel rapport. Ils ont réclamé le droit de réponse pour la personne mise en cause. Selon leurs responsables, il convient de vérifier les faits avant de tirer des conclusions hâtives.
ECLAIRCISSEMENTS
"Laissons nous le temps de pouvoir vérifier toutes les choses?", a déclaré l'un des porte parole du parti, rappelant que "le président Moïse Katumbi est un homme de paix" et que le parti se veut "un parti de paix". Les représentants ont demandé et obtenu du vice Premier ministre de l'Intérieur un délai pour préparer des éclaircissements sur le dossier. (Propos recueillis lors de l'audition.)
Le ministère de l'Intérieur, de son côté, a précisé avoir organisé cette rencontre dans un esprit d'échange et pour permettre au parti concerné d'apporter des éléments de réponse, alors que la publication du rapport onusien a suscité une vive inquiétude au niveau national et international. Les autorités congolaises ont multiplié les démarches de vérification depuis la diffusion des conclusions des experts onusiens.
Ce rendez vous s'inscrit dans un contexte de forte tension autour de la crise dans l'Est de la RDC, où les accusations de soutien étranger aux groupes armés et les trafics de ressources naturelles font l'objet d'enquêtes et de polémiques récurrentes. Tant le gouvernement que les formations politiques appellent désormais au respect des procédures et au recours aux voies juridictionnelles et diplomatiques pour éclaircir les responsabilités mises en avant par le rapport.
L'audition d'Ensemble pour la République par le vice Premier ministre Jacquemain Shabani marque une étape formelle dans la gestion politique des allégations contenues dans le rapport du 3 juillet dernier. Le parti a nié toute implication et dispose désormais d'un délai pour produire sa réponse officielle, qui pourrait déterminer la suite des procédures administratives ou judiciaires.
Jérémie ASOKO