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Ministère de la Pêche et élevage, L’acquisition des bateaux de pêche : une impérieuse nécessité
Depuis quelques années, le ministère de l’Agriculture, pêche et élevage a été scindé en deux donnant naissance à celui de la Pêche et élevage. Ce dernier a été mis en place dans des conditions très difficiles. Si le ministre a des bureaux pour son cabinet, il n’en est pas le cas pour le secrétariat général qui, jusqu’à présent, ne dispose pas de locaux propres. Les différentes directions sont confinées dans des salles exiguës, qui ne permettent pas aux cadres et agents de travailler correctement, encore qu’il reste à savoir s’ils ont réellement à faire.
Le grand problème qui se pose dans l’administration dudit ministère et dans tant d’autres, est celui de l’utilisation du personnel qui a été embauché sans tenir compte des réalités. Pour le cas d’espèce, depuis qu’il a été annoncé l’acquisition des bateaux de pêche pour relancer effectivement la pêche industrielle en RDC, aucun chalutier n’a été acquis. D’où la question de savoir à quoi sert réellement ce ministère ? Que font les membres de cabinet du ministre, lui-même et les nombreux cadres et agents que l’Etat paie mensuellement?
À la veille de la session ordinaire de septembre qui est essentiellement budgétaire, les parlementaires devraient avoir à l’esprit cette question qui concerne un des secteurs-clé de la vie nationale. Car il n’est pas compréhensible qu’un pays tel que la RDC, traversé de part en part par des grandes rivières et un majestueux fleuve, l’un des plus longs du monde, continue à nourrir sa population avec du poisson chinchard importé en grande partie de la Namibie. À ce propos, une blague fait dire aux Congolais que les poissons qui pullulent dans leurs eaux meurent suite à la vieillesse pour n’avoir pas été consommés durant toute leur existence. Ça fait rire, mais il y a là une véritable interpellation à l’endroit de nos dirigeants.
D’ailleurs, dans l’un de ses rapports sur la sécurité alimentaire au monde, la FAO a stigmatisé le fait que la RDC dépense plus ou moins un (1) milliard de dollars américains pour l’importation des vivres, alors qu’avec ses fabuleuses richesses halieutiques, elle peut bien se suffire, et même exporter le surplus. Pour un pays dont le budget national tourne autour de 10 milliards de dollars, affecter le dixième de ce montant pour l’importation des vivres qu’on peut produire sur place frise la turpitude. Car ces fonds auraient bien pu être utilisés pour l’achat des chalutiers et autres intrants pour moderniser notre pêche.
Un autre défi à relever dans ce secteur et qui est intimement lié au précédent concerne l’expertise du personnel appelé à prester au ministère en question. À ce que nous sachions, il n’existe aucune filière dans notre système éducatif qui forme les spécialistes du domaine de la pêche. Nous sommes convaincu que les agents et cadres qui prestent actuellement dans ce ministère ont été recrutés vaille que vaille et de manière complaisante. Il y a de quoi s’interroger sur l’avenir de ce service.
Pour revenir sur la question de bateau de pêche, au lieu de se tourner vers les pays lointains, le gouvernement ferait mieux de recourir à la société congolaise de droit belge, Chanimetal, qui fait notoriété dans le domaine des constructions navales. Cette option a l’avantage de résoudre tant soit peu le problème de chômage grâce à l’embauche des sans-emploi que cette activité va engendrer. C’est une piste concrète et intéressante que le gouvernement est appelé à exploiter. Ainsi, la lutte contre l’insécurité alimentaire et le chômage ne sera pas un vœu pieux, mais un objectif à atteindre dans les prochaines années.
En tout état de cause, lorsque les parlementaires vont débattre du budget de l’Etat pendant la session de septembre qui s’ouvre le lundi 16, ils ne devraient pas passer sous silence la question du rôle du ministère de la Pêche et élevage qui n’a aucun impact sur la vie du pays. Muke MUKE