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L'Unikin classée à la 46ème position parmi les meilleures universités africaines
Selon le classement 2026-2027 de dix meilleures universités africaines dévoilées par U.S News &World Report, l'université de Kinshasa se retrouve à la 46ème position. Ce classement fait d'elle la première université de la RDC. Mais, par rapport à l'Afrique, l'Unikin a gagné quelques points parce que l'année dernière elle occupait la 52ème position. Cela veut dire que quelques améliorations ont été enregistrées cette année.
Il importe de signaler que plusieurs critères entrent en ligne de compte dans ce classement. Il s'agit de la performance en matière de recherche, la réputation académique mondiale et la réputation régionale.
Le Gouvernement interpellé
Après son accession à la souveraineté nationale et internationale, le pays disposait d'une des meilleures institutions les plus prestigieuses d'Afrique : l'université Lovanium (aujourd'hui Université de Kinshasa) nommée ainsi à cause de sa presqu'équivalence avec l'université Lovanium, en Belgique. Elle accueillait même les étudiants européens attirés par la notoriété de ses enseignements.
Malheureusement, au fil des années, surtout avec l'avènement de la tristement célèbre IIème République, l'éducation nationale a été reléguée au second plan des préoccupations des autorités du MPR, parti-Etat. La situation s'est sensiblement dégradée avec la zaïrianisation de l'université. Les trois universités de Kinshasa, de Lubumbashi et de Kisangani ont été regroupées en une seule au nom de l'Université nationale du Zaïre (Unaza), comptant trois campus, avec en tête un seul recteur. Ce fut le début de la descente aux enfers de l'enseignement universitaire.
Pour relever le défi aujourd'hui et redorer l'image ternie de nos universités, le Gouvernement est interpellé. Il est invité à allouer de gros moyens à l'éducation nationale, secteur universitaire. Sans fonds appropriés, l'université ne peut pas décoller.
En outre, le ministère de l'Enseignement supérieur et universitaire (Esu) doit mettre fin à la délivrance complaisante des arrêtés d'agrément des universités aux privés qui ne répondent pas aux critères requis.
Les établissements qui sont appelés aujourd'hui universités ne méritent pas ce nom, car même sur le plan des infrastructures, ils ne répondent à aucun critère. A ce jour, plusieurs universités fonctionnement dans des conditions non requises. La multiplication du nombre d'universités ou établissements à travers le territoire national a contribué à dégrader le niveau de nos universités. La politique appelée d'essaimage, lancée au pays, dans les années 1990, favorise l'accès à l'enseignement supérieur et universitaire officialisée par l'arrêté ministériel n°ESU/CABMIN/0044/93 du 7 octobre 1993, cette expression rapide a vu le nombre d'institutions exploser, passant de 36 à plus de 150 en quelques années.
Dégradation de la qualité
Initialement pensé comme une nécessité sociale, l'essaimage est toujours décrié comme une "politique de la quantité" au lieu d'être une "politique de la qualité". Parmi les griefs portés à cette sont entre autres la crise structurelle (le phénomène des années élastiques, manque d'infrastructures adéquates, pénurie de professeurs qualifiés). En outre, les universités sont parfois devenues des endroits de clientèle politique plutôt que des centres d'excellence. Les spécialistes estiment que l'échec de cette bonne idée de décentralisation réside dans l'absence de moyens financiers suffisants alloués aux institutions nouvellement créées.
Sur le plan académique, il y en a qui ne disposent pas de bibliothèque ni même de kit informatique. En conséquence, le Gouvernement doit se réveiller et prendre conscience du rôle des universités dans le développement du pays.
Muke MUKE & Kléber KUNGU