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Gaël Kakuta raccroche les crampons à 35 ans
Le rideau est tombé sur l’une des carrières les plus élégantes du football congolais contemporain. À 35 ans, Gaël Kakuta a choisi de dire stop. Une décision, annoncée le samedi 4 juillet sur ses réseaux sociaux, quelques jours après l’élimination des Léopards de la République démocratique du Congo face à l’Angleterre (2-1) en 16èmes de finale de la Coupe du monde 2026. Comme un symbole, c’est sur la scène mondiale que le meneur de jeu a disputé les dernières minutes d’un parcours entamé dix-sept ans plus tôt sous les projecteurs de Chelsea.
«Il arrive un moment où il faut savoir écouter le temps et accepter que chaque saison a une fin», écrit Gaël Kakuta. Une phrase simple, mais, qui traduit la maturité d’un joueur ayant traversé les sommets et les incertitudes du football professionnel.
Formé très tôt comme un prodige, Kakuta avait suscité d’immenses attentes dès ses débuts en 2009 avec le club londonien. Sa technique soyeuse, sa vision du jeu et sa capacité à faire basculer un match en un éclair avaient rapidement fait de lui l’un des espoirs les plus prometteurs de sa génération.
CHAMPION D’ANGLETERRE 2010
Champion d’Angleterre dès 2010 avec Chelsea et vainqueur de l’Euro U19 la même année avec l’équipe de France, le natif de Lille semblait promis à une trajectoire linéaire vers les sommets. Mais, sa carrière prendra des chemins plus sinueux. Entre prêts successifs et changements de clubs, il sillonne l’Europe, posant ses valises aux Pays-Bas, en Italie, en Espagne, avant de revenir en France, notamment à Lens, Dijon et Amiens, où il laissera une empreinte particulière.
C’est d’ailleurs sous les couleurs du RC Lens qu’il connaîtra l’un de ses plus grands accomplissements collectifs en club, en contribuant à la place de vice-champion de France en 2023. Une performance qui viendra rappeler, à ceux qui en doutaient encore, l’étendue de son talent et sa capacité à briller au plus haut niveau.
Au fil des années, Kakuta a aussi élargi son horizon, avec des expériences en Iran, à Esteghlal FC, puis en Grèce du côté de l’AEL Larissa, où il évoluait encore ces derniers mois. Une carrière riche, faite de découvertes, d’adaptations et de résilience, loin des trajectoires toutes tracées.
UN TALENT AU SERVICE DES LEOPARDS
Mais, c’est peut-être avec la sélection nationale que son histoire prend une dimension particulière. Après avoir représenté la France dans les catégories de jeunes, il choisit, en 2017, de défendre les couleurs de la République démocratique du Congo.
Avec les Léopards, il dispute 31 rencontres et inscrit cinq buts, participant notamment à trois phases finales de la Coupe d’Afrique des nations (2019, 2023 et 2025), avant de conclure son parcours international lors du Mondial 2026.
Dans son message d’adieu, Kakuta ne se contente pas de dresser le bilan d’une carrière sportive. Il livre une réflexion plus profonde sur le sens de son parcours.
JESUS, MA PLUS GRANDE VICTOIRE
«Le football m’a tellement donné : des joies immenses, des épreuves qui m’ont fait grandir, des rencontres inoubliables», confie-t-il. Sa plus grande victoire dépasse le cadre du terrain : «La plus grande victoire de ma vie a été de rencontrer Jésus-Christ».
L’annonce de sa retraite a rapidement suscité une vague d’émotions dans le monde du football congolais. Coéquipiers, anciens partenaires et jeunes joueurs lui ont rendu hommage, saluant à la fois son talent et son humanité.
Pour beaucoup, Kakuta restera ce joueur élégant, capable d’illuminer un match par un geste juste, une passe inspirée ou un coup franc millimétré. Si sa carrière n’a pas toujours suivi la trajectoire ascendante que son talent laissait présager, elle n’en demeure pas moins remarquable par sa richesse et sa longévité.
Ézéchiel Monteirious MONTEIRO