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L'IGF et la Chambre basse diligentent une enquête sur les bateaux de pêche commandés par le gouvernement
Depuis des mois, le gouvernement a annoncé l'arrivée, au port de Boma, au Kongo Central, de trois bateaux de pêche acquis sur fonds propres. Il s'agit du FB Étienne Tshisekedi wa Mulumba, FB Patrice Emery Lumumba et FB Simon Kimbangu dont le coût total est estimé à 15 millions de dollars américains. C'est avec grande joie que les Congolais avaient accueilli cette nouvelle car l'acquisition de ces trois navires marquait un tournant décisif dans la pêche moderne et industrielle en RDC.
Mais curieusement, et contre toute attente, ces chalutiers fabriqués en Egypte tardent à atteindre leur lieu de destination comme si le pays des Pharaons est situé à l'autre bout du monde.
Selon les informations dignes de foi recueillies d'une source crédible, au terme d'une enquête très bien documentée, il appert que, contrairement aux allégations du ministre de la Pêche et Elevage, qui a parlé de bateaux pimpant neufs, ces chalutiers présentent un tout autre visage : coques vieillies en lieu et place de celles neuves tel qu'annoncé, moteurs d'occasion, équipements incomplets (absence de guindeaux, de pilotage automatique, connexion Starling), numéros de série supprimés. Bref, une toute autre réalité contrairement à ce à quoi les citoyens lambda s'attendaient.
Mais le ministre de la Pêche et Elevage persiste à confirmer que les bateaux sont neufs.
Pourtant, à peine livrés, ces navires à destination de la RDC ont connu des ennuis techniques et ont dû rebrousser chemin vers le port égyptien d'où ils sont partis. Grave est le fait que le FB Étienne Tshisekedi wa Mulumba est tombé en panne de moteur dès sa première sortie ; le FB Simon Kimbangu a révélé une fissure structurelle.
sanctions en cas des bévues avérées
Qualifier les bateaux réhabilités de neufs n'est pas uniquement une erreur de communication, mais bien une atteinte à la crédibilité publique et à la confiance institutionnelle. Lorsque des millions de dollars américains sortent du Trésor public pour des bateaux annoncés comme neufs, alors que ce sont des navires d'occasion, il importe que les auteurs d'un tel crime soient poursuivis et subissent la rigueur de la loi en répondant de leurs actes.
L'Office national de pêche et aquaculture (ONPA), bénéficiaire primaire de ces chalutiers, doit lever le ton pour déceler la source du mal pour ne pas être considéré comme complice parce que c'est lui qui encaisse le coup. Son existence va être remise en cause étant donné que depuis sa création, le peuple ne ressent aucun bienfait alors que son personnel est payé sans rendre aucun service à l'État. D'ailleurs, ce n'est pas uniquement un navire qui prend l'eau de part en part, mais c'est tout un ministère dont la crédibilité est remise en question, même son importance par rapport à la vie du pays.
Nous avons beau nous plaindre des antivaleurs qui minent notre société, mais tant que les actes de ces inciviques ne sont pas réprimés avec rigueur, le pays ne va pas sortir de l'ornière et le développement ne sera que leurre. C'est ici une fois de plus l'occasion d'interpeller les députés à qui incombent les prérogatives de contrôle. S'ils ne s'assument pas conformément à la Constitution, leur responsabilité sera grande, et les conséquences de leur inertie seront sans appel. Même s'il est vrai que leur élection en 2023 a été remise en question pour la plupart d'entr'eux, mais puisqu'ils siègent au nom du peuple, ils ont l'obligation de redevabilité.
Cette affaire des bateaux qui tombe en pleine session, exige que les élus du peuple s'en saisissent également pour que le peuple souverain sache comment sont utilisés les fonds publics.
En attendant de trouver la réponse à ce problème, que tous les compatriotes qui avaient cru tourner la page des surgelés, peuvent remettre les poissons de mer dans leurs congélateurs pour les fêtes de fin d'année !
Muke MUKE