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Les vendeuses réinvestissent la voie publique
Après le drame survenu en février 2022 au marché Matadi Kibala suite au coup de foudre qui s’est abattu sur le câble électrique de la SNEL et qui a causé plusieurs dégâts matériels et des morts, le gouvernement avait décidé de déguerpir toutes les vendeuses pirates qui exposent leurs articles sur la route Matadi.
Les unes ont été casées à l’intérieur du marché dit Matadi Kibala et d’autres vers un site de circonstance créé à l’entrée du camp PM. Malheureusement, comme il n’y a pas toujours eu de suivi de l’exécution des décisions prises par nos autorités, aujourd’hui ces vendeuses- là commencent à revenir sur les trottoirs d’où elles étaient chassées.
Cet entêtement est dû principalement à la mollesse des éléments de l’ordre public commis dans ce coin pour veiller au respect de la décision gouvernementale. Au lieu de se montrer rigoureux, ces éléments se montrent complaisants vis-à-vis de ces inciviques. Pourtant, ce n’est pas la première fois qu’une telle décision est prise.
Que faut-il faire pour convaincre ces vendeuses à quitter définitivement ce lieu puisque le recours à la force a démontré ses limites? Il faut tout simplement user de la persuasion en commençant par leur faire comprendre que le fait pour elles de vendre à côté d’une grande route aussi fréquentée par des engins lourds, les exposent à la mort. Quel est cet esprit sensé qui peut oser résister face à un tel argument?
Il sied de reconnaître que quelque part l’autorité ne joue pas comme il se doit son rôle de leader. Lorsque des citoyens désobéissent ouvertement à des autorités légalement établies sans qu’ils soient sévèrement sanctionnés, c’est qu’il y a crise visible d’autorité. Ce qui n’est pas bon pour un État moderne.
Un peu plus loin au centre-ville de Kinshasa, un phénomène semblable est observé sur l’avenue qui porte le prestigieux nom du premier Président de la RDC à savoir, Kasa Vubu. Ici non seulement cette avenue est dans un état de délabrement très avancé, dans son tronçon compris entre l’avenue Kabambare jusqu’à celle du Commerce, mais son insalubrité manque de qualification. Nul ne peut imaginer qu’un tel spectacle est vécu dans la capitale d’un pays, et cela non loin du siège des institutions provinciales.
Le manque d’autorité de l’Etat est aussi visible au regard de la résurgence du banditisme urbain qui a atteint des proportions inquiétantes. Il est inadmissible que des jeunes délinquants se permettent de se livrer à des actes barbares en pleine journée sans la moindre crainte de répression. Les Kinois n’ont-ils pas le droit de se poser la question de savoir où vont-ils et ne doivent-ils pas se prendre en charge pour assurer leur propre sécurité?
Nous pensons que tant qu’il existe des autorités légalement établies et reconnues par le peuple, elles doivent s’assumer pour ne pas laisser la place à un chaos institutionnel. Muke MUKE