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Les syndicalistes s'opposent à la restructuration de la Snel
Le spectacle offert la semaine dernière par les syndicalistes de la Société nationale d'électricité (Snel) a révolté plus d'un abonné de cette entreprise étatique. D'aucuns savent pertinemment bien que cette société n'arrive pas à desservir correctement en électricité ses millions de clients éparpillés à travers l'ensemble du territoire national.
En raison des contre-performances datant de plusieurs années de cette société, l'État propriétaire a décidé de la scinder en trois branches distinctes à savoir : la production, le transport et la distribution.
Contre toute attente, au lieu d'applaudir et d'appuyer cette initiative, les syndicalistes se liguent pour y faire obstacle. C'est la raison pour laquelle ils ont assiégé le jeudi 9 avril la cour de leur direction générale pour protester contre la position du président du conseil d'administration (PCA), qui est favorable à ce projet du gouvernement.
Les syndicalistes estiment que cette option de scission est suicidaire pour les travailleurs parce qu'elle pourrait aboutir à une privatisation progressive, à des pertes d'emplois ainsi qu'à une fragilisation du service public de l'électricité.
Cet argument n'est pas consistant. L'option gouvernementale n'a rien avoir avec une quelconque privatisation qui consiste à un désengagement de l'État dans une entreprise.
La Snel et la Regideso formaient une seule entreprise
À propos de la perte d'emplois, les syndicalistes ont une mémoire courte. Ils oublient que vers les années 1970, la SNEL et la Regideso formaient une seule entreprise. C'est à la suite d'une décision du gouvernement que les deux sociétés ont été scindées. Elles constituent aujourd'hui deux mastodontes dans le portefeuille de l'État, avec comme conséquences la création de plusieurs emplois. De même, si aujourd'hui la Snel venait à être éclatée en trois branches, il s'ensuivrait la multiplication des postes de travail.
Concernant la fragilisation du service public de l'électricité, l'on peut se demander si les syndicalistes de la SNEL apprécient la qualité des services que rend leur société à ses millions de clients.
À dire vrai, le bilan de cette entreprise est loin d'être reluisant : plusieurs poches noires par-ci par-là, des délestages dans toutes les communes, des interruptions intempestives du courant électrique avec comme conséquences des incendies de maisons et des appareils électroménagers abîmés, ...Bref, une desserte en électricité déficiente qui pousse de millions de ménages à recourir aux bois pour la cuisson et aux groupes électrogènes pour l'éclairage et services électriques.
Sur le plan administratif, le tableau n'est pas rose, non plus. L'entreprise entretient plusieurs ouvriers à temps partiel, les techniciens notamment, les câbleurs sont moins nombreux que les administratifs alors que l'entreprise est de nature technique. En plus, les raccordements frauduleux sont légion, favorisés par les agents de la SNEL eux -mêmes.
Charges sociales plus élevées que les investissements
Un autre grand fléau à la base de la contre-performance de cette société est le déséquilibre qui caractérise sa gestion financière. Les fonds décaissés pour les charges sociales sont de loin plus importantes que celles destinées aux investissements. Pour preuve, les entrepôts sont souvent vides, la rupture des stocks très fréquente. Par conséquent, lorsqu'il y a panne quelque part, ce sont les abonnés qui sont obligés de se cotiser pour s'acquérir les câbles et les autres accessoires. Cependant, à la fin de chaque mois, les agents commerciaux passent déposer les factures auprès des abonnés et menacer de coupure certains d'entre eux, alors que la desserte n'est pas régulière.
Au lieu de s'attaquer à ces problèmes de fond en interpellant leur hiérarchie, les syndicalistes de la SNEL se plaisent à défendre leurs intérêts mesquins oubliant qu'eux-mêmes sont aussi victimes de la mauvaise gouvernance qui a élu domicile dans leur entreprise. Lorsqu'il y a délestage ou interruption intempestive d'énergie électrique dans leurs quartiers d'habitation, ils ne sont pas épargnés par ce désagrément.
Muke MUKE