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Les propriétaires des terassent et garages ont 15 jours pour dégager les emprises publiques
L’Hôtel de Ville de Kinshasa a accordé un moratoire de 15 jours aux propriétaires des débits de boissons, garages, étalages et épaves situés sur les avenues et emprises publiques de les évacuer une ultimatum de 10 jours accordé dernièrement par le Commissariat urbain de la police nationale de la ville de Kinshasa aux propriétaires des véhicules abandonnés, des épaves des véhicules et autres.
Dans un communiqué rendu public par le ministère provincial de l’Environnement, Propreté publique et Embellissement de la ville de Kinshasa, l’Hôtel de ville écrit ceci : « Subséquemment au lancement de l’opération Coup de poing Kinshasa ezobonga (Kinshasa va se transformer)par le Gouverneur de la ville de Kinshasa, le ministère susnommé porte à la connaissance du public kinois, qu’aux termes de l’édit No 00/2013 du 9 septembre 2013 relatif à l’ assainissement et à la protection de l’environnement de la ville de Kinshasa, il est interdit sur toute la ville d’occuper les avenues et les emprises publiques pour notamment l’entreposage des containers et kiosques, l’abandon des épaves de véhicules automobiles et autres engins ou d’ériger des étalages, des garages, des terrasses, des vérandas et des marchés« . Par conséquent, conclut le communiqué, ledit ministère accorde un moratoire de 15 jours à toute la population pour se conformer et promet de faire respecter la loi. Ce communiqué signé par le ministre provincial de l’Environnement, Propreté publique et Embellissement de la Ville, Léon Mulumba, est daté du vendredi 6 septembre dernier.
Au début du mois d’août 2024, une mesure similaire a été prise par l’autorité de la police de la capitale. L’ultimatum accordé aux propriétaires des véhicules abandonnés et des épaves était de 10 jours. Au terme de ce délai, aucun propriétaire ne s’est exécuté. Un véritable défi lancé à la police.
Le Kinois lambda attend voir comment l’Hôtel de Ville va s’y prendre pour faire appliquer effectivement sa décision, car une chose est de prendre une mesure et une autre de faire exécuter. D’aucuns se posent la question de savoir si la police qui détient la force n’a pas réussi à fléchir les propriétaires des véhicules, comment le gouvernement provincial, constitué de civils, va relever ce défi.
Il est vrai que Kinshasa se trouve dans un chaos indescriptible. L’objectif du nouveau locataire de l’Hôtel de ville selon lequel « Kinshasa ezobonga » est louable. S’il est atteint, les Kinois seront en fête et Daniel Bumba inscrira son nom en lettres d’or dans les annales de l’histoire de l’une des capitales les plus peuplées du continent africain.
Aujourd’hui, l’exécutif provincial de Kinshasa doit préalablement réfléchir sur les causes des échecs de précédentes opérations de même type. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il y a de fortes craintes que le gouvernement provincial mis en place tout récemment récolte les mêmes résultats négatifs. Au grand dam des Kinois qui n’auront plus confiance aux futurs dirigeants de la capitale, quel que soit leur discours.
À analyser le fiasco des précédentes opérations, il y a à la base le manque de suivi. Généralement, le déguerpissement de ceux qui occupent de manière anarchique les avenues et les emprises publiques ne se fait que durant l’avant-midi du jour qui suit la prise de la mesure. Dans l’après-midi, les occupants des emprises publiques se réinstallent sous la barbe des agents de l’ordre qui les ont chassés. Cela étant, ce manque de suivi crée la crise de l’autorité qui cause l’incivisme des propriétaires dont il est question ici. Pour relever ce défi, il faut une rigueur sans faille dans le suivi des mesures prises.
Souvent l’on entend ceux qui investissent les avenues et les emprises publiques évoquer le motif de chômage pour justifier leur comportement incivique. Les autorités devraient leur répondre par le principe sacro-saint selon lequel ‘nul ne peut se mettre au-dessus de la loi, qui s’impose à tout citoyen. « La loi est dure, mais c’est la loi« , comme disent les Romains.
Selon certains urbanistes attitrés dont le constat est confirmé par la célèbre émission de France 24 « Une question pour un champion« , Kinshasa serait la capitale la plus sale du monde. Est-ce vrai ? Difficile de répondre, mais est-il qu’au regard de certaines réalités, surtout après la pluie, Kinshasa présente un aspect affreux à voir. Le cas du rond-point Ngaba et celui de l’avenue Kato, dans le périmètre du Marché central de la capitale, en font effectivement foi. C’est pourquoi, l’exécutif provincial de Kinshasa est appelé à diriger la ville autrement, avec des méthodes innovantes, dans le strict respect des lois. Si rien de tel n’est fait, dans deux ou trois ans, les piétons manqueront d’espace pour circuler parce que les avenues et les emprises publiques auront été investies par des marchés pirates, les épaves de véhicules, les étalages, les débits de boissons, et que sais-je encore.
Dans leur ensemble, des Kinois souhaitent que leur ville redevienne Kinshasa-la-belle comme fut jadis Léopoldville avec des communes attractives telles que Kalina (Gombe), Saint Jean (Lingwala) et les quartiers huppés Ma Campagne et Renkin (Matonge). Cela est possible s’il y a la volonté et la détermination de ceux qui ont l’imperium. En attendant que nous en arrivions là, les habitants de la capitale veulent voir la réussite de l’opération Coup de poing.
Muke MUKE